Consommation : Le lait de chèvre UHT en progression constante

Damien Hardy

La consommation de lait de chèvre reste minime par rapport à celle du lait de vache. Cependant, les ventes ont doublé en huit ans et le lait de chèvre est présent dans 90 % des grandes surfaces.

Le lait de chèvre ne représente encore qu'une goutte d'eau dans un océan de lait de vache. Les 5,5 millions de litres de lait de chèvres longue conservation font encore bien pâle figure face aux 2,4 milliards de litres de lait de vaches vendus en 2008 dans les grandes surfaces françaises. Cependant, ce marché dynamique a quasiment doublé en huit ans, passant de 2,8 millions de litres en 2000 à 5,5 millions aujourd'hui. En chiffre d'affaires, le lait de chèvre conservé en UHT (ultra-haute température) a représenté 9,4 millions d'euros en 2008, soit à peine 0,6 % des 1,6 milliard d'euros générés par l'ensemble des laits de longue conservation.

Alternative gustative, le lait de chèvre peut séduire les intolérants ou allergiques au lait de vache. (D. Hardy)

Alternative gustative, le lait de chèvre peut séduire les intolérants ou allergiques au lait de vache. (D. Hardy)

Bouteilles et briques

Même s'il ne représente qu'un petit marché, le lait de chèvre est présent dans 90 % des grandes surfaces françaises, signe qu'il est devenu utile pour fidéliser la clientèle.
Dans ce marché de niche, Lactalis et son lait vendu sous marque Lactel reste archi-leader avec plus de 83 % des parts de marché en volume. L'entreprise de Laval vend ainsi 4,6 millions de litres de lait de chèvre en France pour un chiffre d'affaires de 7,7 millions d'euros. L'union de coopérative Sodiaal et sa marque phare Candia assure quasiment le reste des ventes, essentiellement dans les enseignes Géant, Casino, Monoprix et dans quelques Leclerc. Pour Candia, le leader du lait de vache UHT, le lait de chèvre est embouteillé à Campbon en Loire-Atlantique dans une usine reprise à Eurial-Poitouraine en 1999. « Ce lait vient pour 40 % environ des producteurs Sodiaal dans le Limousin et pour 60 % environ d'accord avec la coopérative Eurial-Poitouraine » explique Jacques Caillaud, directeur de la communication de Candia.

Pour ces deux marques renommées, Lactel et Candia, le lait de chèvre a été développé pour offrir une gamme complète aux grandes surfaces. Le lait est présenté en bouteille plastique plus pratique que la brique cartonnée et synonyme, aux yeux des consommateurs, de qualité du produit. C'est aussi ce qui permet de justifier son prix par rapport à la brique. Pour l'instant, les deux grandes marques ne proposent ce produit qu'en bouteille plastique d'un litre. Le volume étant insuffisant pour élargir l'offre à d'autres formats ou d'autres présentations. Faute de collecte suffisante, les deux géants de la laiterie ne font pas d'effort marketing particulier pour développer ce segment. Pour preuve, les étiquettes sont restées quasiment inchangées depuis six ans. A côté de ces deux géants, la coopérative laitière de la région lochoise a développé depuis un an un lait de chèvre entier présenté en brique. « Nous en vendons pour l'instant moins de 100 000 litres par an mais nous progressons petit à petit » apprécie Bruno Boileau, le directeur adjoint de la laiterie de Verneuil.

(DR)

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Alternatives gustatives

« C'est un marché surprenant car il progresse sans qu'aucune action marketing ne soit réalisée » s'étonne Etienne Verdier, le responsable du développement des ventes de lait Lactel. Classé en grandes surfaces dans le segment des alternatifs au lait de vache, le lait de chèvre voisine dans les rayons avec le jus de soja et le lait délactosé. Le lait de chèvre est cependant loin derrière les 26,6 millions de litres de jus de soja vendus par an en France.
Pour les laits sans lactose, c'est encore Lactalis et son « Matin léger » qui truste la première place de ce marché en forte croissance avec 93 % des parts d'un marché de 35,7 millions de litres.Faute d'étude marketing poussée sur les consommateurs de lait de chèvre, les analystes des laiteries sont poussés à spéculer sur le profil des acheteurs de ce lait. « Les consommateurs doivent être intolérants ou allergiques au lait de vache, imagine Etienne Verdier. Au vu du prix du produit et de sa faible diminution pendant cette période de baisse de pouvoir d'achat, on peut penser que les consommateurs sont plutôt aisés et issus de catégories socioprofessionnelles supérieures ».

 

Douceur et authenticité

A 1,50 ou 1,70 euro le litre, le lait de chèvre se positionne en effet bien au-dessus du lait de vache en bouteille plastique vendu autour de 0,60 euro le litre. « C'est peut-être aussi des consommateurs occasionnels qui recherchent des alternatives gustatives » spécule le responsable des ventes chez Lactel. « Mais, le lait de chèvre a un goût très spécifique qui peut facilement rebuter les personnes habituées au lait de vache » estime pour sa part Héloïse Vallin, chef de produit lait chez Candia. Au contraire, Bruno Boileau de la laiterie de Verneuil vante « la douceur et l'authenticité du goût » de son lait entier. « Les populations d'origine maghrébine qui avaient traditionnellement l'habitude de boire du lait de chèvre fermenté apprécient aussi de retrouver ce goût ». Les consommateurs sont, en tout cas, de plus en plus nombreux à en apprécier sa saveur.

 

Source Réussir La Chèvre Mai-Juin 2009

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