Des clôtures virtuelles en test

Laurence Geffroy, d’après Agripir - Réussir Pâtre Octobre 2013

Des clôtures virtuelles en test
© Florent Giffard / Inra

Pastoralisme. Des colliers équipés de GPS sont expérimentés pendant deux ans des deux côtés de la frontière franco-espagnole, dans les Pyrénées.

Les nouvelles technologies au service de la montagne

Agripir a pour mission de constituer dans les Pyrénées franco-espagnoles, quatre projets d’innovation dans les deux prochaines années, qui comprendront des aspects tels que l’amélioration des conditions de vie et de travail de l’agriculteur en montagne, l’amélioration des performances agricoles et des interactions avec son environnement montagne ou le développement de nouveaux produits ou services. « E-pasto » est le premier de ceux-ci. D’autres projets pourront porter sur l’automatisation des salles de traite en montagne, l’optimisation de l’occupation des estives, la santé animale en estive, ou encore les relations entre les producteurs et les consommateurs.

La fédération pastorale de l’Ariège et l’Institut basque de recherche et développement agricole espagnol se sont associés avec l’École supérieure des technologies industrielles avancées et l’Inra pour un travail de recherche transfrontalier sur les possibilités qu’offre la géolocalisation en estive. Des éleveurs des Pyrénées ariégeoises testent depuis ce printemps sur une trentaine de bêtes des colliers équipés d’un système de GPS. Ce projet pilote s’appelle « e-pasto ». L’estive du Prat-d’Albis près de Foix, 2 000 hectares, située entre 900 et 1600 mètres d’altitude, a été choisie du côté français pour cette expérience. La fédération pastorale de l’Ariège compte 850 éleveurs transhumants pour 55 000 ovins, 15 000 bovins et 2 000 équins.
Financé par le programme européen Agripir, ce projet a pour objectif de développer un système de clôtures virtuelles, permettant de supprimer à terme les vraies clôtures. Les colliers — réalisés à bas coût — seront testés sur deux saisons. En 2014, c’est l’autre côté de la frontière, le pays guipuzcoan d’Urola-Erdia, qui accueillera l’expérimentation. Le secteur agropastoral des deux régions possède en commun l’utilisation d’équipements pour délimiter les aires de pâturage, ainsi que l’obligation de respecter les limites cadastrales et les zones dans lesquelles le pastoralisme n’est pas autorisé (zones humides, de repeuplement forestier ou réservées aux activités de loisirs, zones à risque qu’il s’agisse de gouffres ou de précipices).

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Déplacer ou regrouper le troupeau et gérer les pâturages

La possibilité de diriger le bétail à distance (maximum 40 km) représenterait un avantage pour pouvoir déplacer le troupeau vers la zone souhaitée, gérer les pâturages disponibles ou regrouper le troupeau. Ces colliers GPS pèsent moins de 50 grammes, ont une autonomie de 150 jours et possède un accéléromètre, un appareil qui permet de détecter tout mouvement anormal de l’animal. La phase d’expérimentation commencée en août, doit permettre d’interagir avec les bêtes afin de les repositionner si elles s’éloignent trop, grâce à un signal sonore, une vibration ou une impulsion électrique. L’Inra est chargé d’étudier le mécanisme d’interaction le plus approprié pour chaque élevage : type de stimuli, durée, fréquence et intensité de celui-ci, et de définir un protocole d’éducation des animaux à ces stimuli. Elle doit également estimer sur quels animaux placer le collier dans un troupeau, puisque il n’est pas question d’équiper chaque individu.
Les exigences techniques du projet prévoient de garantir l’autonomie en ce qui concerne l’énergie électrique du dispositif que porte l’animal, ainsi que l’accès à distance via ordinateur et téléphone portable. La solution proposée devra supporter des conditions climatiques quant aux températures extrêmes (gelées et insolation), pluies et foudre, en dehors d’être réfractaire aux champs électromagnétiques. Les porteurs du projet « e-pasto » espèrent libérer ainsi les bergers de l’installation de clôtures physiques pour contrôler les troupeaux, contribuant à préserver le paysage pyrénéen. Entre 2007 et 2013, le nombre d’emplois saisonniers liés au gardiennage en Ariège a doublé. Une aide de ce type serait donc bienvenue pour les éleveurs transhumants même si cette technologie de géolocalisation n’a pas vocation à remplacer les bergers.

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Commentaires 1

damien36

Est ce que ça va marcher de dresser des moutons pour qu'ils aillent plus au Nord?? je suis curieux de connaitre la méthode de dressage...

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

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