Deux-Sèvres : Une enquête pour cerner les freins à l'utilisation de la génétique

Véronique Bargain

En 2009, une enquête a été menée par la chambre d'agriculture des Deux-Sèvres et Lise Guilloton, étudiante à l'ESA d'Angers, chez 92 éleveurs du département, pour cerner les freins à l'utilisation des béliers inscrits et de l'insémination artificielle. Sur cet échantillon, pour la plupart adhérents d'une organisation de producteurs, la génétique est perçue comme un bon outil de travail. 84 % des éleveurs l'utilisent, en général tous les ans. Ces élevages sont surtout présents dans les systèmes utilisant des éponges (contre-saison, fractionné, accéléré) et ont souvent plus de 250 brebis. Alors que les non-utilisateurs sont plus orientés vers un système « un agnelage par an en saison » et ont plutôt des petits troupeaux.

83% des éleveurs achètent des béliers inscrits pour la conformation et les qualités d'élevage. (V. Bargain)

83% des éleveurs achètent des béliers inscrits pour la conformation et les qualités d'élevage. (V. Bargain)

Qualités bouchères

Les principales races utilisées en bélier sont le Mouton Vendéen, le Rouge de l'Ouest et le Charollais. 83 % des éleveurs utilisent des béliers inscrits, principalement pour la conformation (63 %) et les qualités d'élevage (fertilité, prolificité, qualités maternelles, valeur laitière). Et 94 % en sont satisfaits. Les qualités bouchères (poids, croissance, classement) sont appréciées par 63 % des éleveurs et les qualités maternelles (prolificité, valeur laitière, bon index sur les agnelles conservées) par 41 %. Quant aux causes de non-satisfaction, elles sont surtout liées à des problèmes d'adaptation sur l'élevage. Les béliers seraient fragiles et s'adapteraient mal car ils sont trop nourris auparavant, d'où des boiteries, amaigrissements, mortalités. Le coût, la mauvaise fertilité à contre-saison, le manque de comparaison objective des résultats sont peu cités. 44 éleveurs possèdent par ailleurs des béliers non inscrits et en sont à 95 % satisfaits, surtout pour les qualités bouchères. Mais cette satisfaction est sans doute liée au fait beaucoup sont des « utilisateurs indirects » de la génétique car ils achètent des animaux issus d'IA ou du croisement de béliers inscrits avec des femelles non inscrites.

Insémination artificielle

40 % des éleveurs utilisent l'insémination artificielle, en Rouge de l'Ouest (58 %), Mouton Vendéen (37 %) et Charollais. La majorité se sert de l'IA pour améliorer les qualités d'élevage puis pour l'organisation du travail. La conformation et la croissance des agneaux ne sont prioritaires que pour un quart des utilisateurs. 78 % sont satisfaits, notamment pour les qualités bouchères et d'élevage. Un certain nombre citent aussi les problèmes sanitaires (risque de mort du bélier, menace de FCO, maladies venues de l'extérieur), l'organisation du travail (groupage des agnelages, planification du travail) ou encore la bonne maîtrise de la filière IA ou le fait qu'on profite des qualités des bons béliers. Sur les 22 % de non satisfaits, les deux-tiers le sont pour des taux de fertilité insuffisants. Certains citent aussi le coût (il faut quand même acheter des béliers) et des qualités bouchères non satisfaisantes.

Source Réussir Pâtre Janvier 2010

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