Dix ans de recherche en production ovine pour aider les éleveurs à progresser

Laurence Geffroy - Réussir Pâtre Février 2014

Dix ans de recherche en production ovine pour aider les éleveurs à progresser
Le ciirpo est un dispositif auquel adhèrent 60 structures des régions Limousin, Poitou-Charentes et Centre. © L. Geffroy

Le centre interrégional d’information et de recherche en production ovine, créé en 2003, permet de tester en conditions réelles différentes situations sanitaires ou alimentaires.

En dix ans, pas moins de 70 essais techniques ont été conduits au centre interrégional d’information et de recherche en production ovine (Ciirpo) dont le siège social est en Haute-Vienne, dans le Limousin. Les partenaires de ce centre géré par l’Institut de l’élevage ont pu visiter le site du Mourier le 13 décembre pour cet anniversaire et connaître les perspectives, alors que le Ciirpo vient de changer de directeur. Les grandes thématiques sur lesquelles travaillent les sept salariés ont été rappelées, comme la conduite à l’herbe dix mois de l’année, avec des tests sur le pâturage cellulaire.
La ferme conduit actuellement une partie du troupeau à la façon néo-zélandaise : des cellules de 20 à 30 ares avec un chargement élevé et un changement de pâture tous les deux jours.
Deuxième thématique, le sanitaire, avec un travail important sur la mortalité des agneaux, en collaboration avec les lycées agricoles. 54 éleveurs ont aussi participé à cette étude, pour évaluer leur taux de mortalité réel. Ces essais ont permis d’identifier les facteurs de risque et les leviers d’action (voir Pâtre 608, novembre 2013).
Troisième thème, l’autonomie alimentaire : comment obtenir des rations moins chères pour les agneaux d’herbe, mais aussi pour les agneaux de bergerie. Le soja aujourd’hui est très cher, par quoi le remplacer ? Des travaux ont été menés sur le lupin, le tourteau de colza…

S’adapter aux nouvelles problématiques

La simplification du travail pour la distribution de l’aliment fait aussi l’objet de recherches. Ainsi que le pâturage hivernal. Cette liste de travaux est non exhaustive, car le site est réactif et s’adapte aux nouvelles problématiques qui apparaissent sur le terrain. Ce fut le cas avec la fièvre catarrhale ovine ou la sécheresse par exemple. La chicorée et le plantain sont testés depuis cet automne sur le site, en tant que plantes potentiellement résistantes.
Les visiteurs ont aussi pu découvrir la nouvelle salle de tonte de deux postes, qui sera un outil de démonstration pour des formations. Un projet de nouvelle bergerie été annoncé lors de cet anniversaire, qui devra répondre aux enjeux actuels.
François Vannier, qui préside le Ciirpo, a insisté sur le rôle du site expérimental pour promouvoir le métier d’éleveur ovin. Claude Allo, ancien directeur de l’Institut de l’élevage, a témoigné de la création du Ciirpo et insisté sur l’importance des « 2 i » de l’acronyme : information et interrégional. Jacques Lucbert, du comité de direction de l’Institut de l’élevage, aujourd’hui à la retraite mais présent pour cet anniversaire, positionne le Ciirpo comme « une tête de pont pour le développement ». Enfin, Eric Pottier et Laurence Sagot, ingénieurs de l’Institut de l’élevage basés au Mourier, ont insisté sur l’aspect communication vers les éleveurs. Pour l’avenir, le nouveau directeur du site, Denis Gautier - qui remplace Éric Pottier à ce poste -, a présenté ses objectifs : poursuivre la dynamique et savoir prendre les tournants en 2014 avec des enjeux qui évoluent. Parmi les priorités, en premier, l’installation et le maintien des éleveurs, puis la double performance économique et environnementale, l’adaptation des aléas économiques, sanitaires et climatiques et enfin, et non des moindres, l’amélioration du revenu des éleveurs en baissant les coûts de production, en augmentant la productivité et la qualité.

Conditions de travail, performance, installation et formation

Joël Merceron, actuel directeur de l’Institut de l’élevage, a conclu la journée en rendant hommage aux initiateurs du Ciirpo. Il a expliqué que « la production agricole n’a pas le droit d’être en décroissance dans un contexte de croissance du marché. Il faut arriver à inverser la tendance et même remonter, ce sera le challenge pour les années à venir ». L’image et l’envie doivent suivre et au-delà de la reconquête ovine, il ambitionne la « recroissance » ovine.
La Fédération nationale ovine, représentée par Serge Préveraud, son président, a quant à elle insisté sur les quatre dossiers prioritaires pour les éleveurs : la performance technique, les conditions de travail, l’installation et la formation. « Le Ciirpo a un rôle à jouer dans les vocations et l’image de la production. »

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