En Dordogne : L'Agneau du Périgord booste sa production

Bernard Griffoul

Pour motiver les éleveurs en Dordogne, la filière label Agneau du Périgord les implique dans l'acte de vente par le biais d'animations commerciales.

La Dordogne est davantage réputée pour ses fraises ou son foie gras que pour sa production ovine. Pourtant, les 52 000 brebis primées du département cohabitent parfaitement avec ces productions phares en valorisant des surfaces difficiles. « Le mouton est souvent présent dans les exploitations de polyculture-élevage mais avec des petits troupeaux d'une centaine de brebis », expliquent Philippe Collas, président du groupement ovin d'Univia, et Philippe Lacaze, technicien. Cependant, la baisse du nombre d'éleveurs et du cheptel se poursuit inexorablement. Fort, heureusement, la filière ovine a lancé dès 1994 un des tout premiers labels rouges, avec sa marque commerciale « Agneau du Périgord », qui a certainement évité le pire.
Depuis 2007, elle bénéficie d'une IGP (Indication géographique protégée) qui a été défendue sur la pluri-activité des systèmes du Périgord. Et sur leur spécificité : une alimentation basée sur la pâture des brebis (sept mois minimum), l'autonomie fourragère (70 %) et la complémentation avec les céréales de la zone. « La plus-value a été un amortisseur qui a permis de passer assez bien les années difficiles », assure Philippe Collas. D'ailleurs si l'effectif de brebis baisse, le nombre d'agneaux labellisables ne cesse de croître. Mais, aujourd'hui, la filière est confrontée à un déficit de production par rapport aux besoins commerciaux.

« Enrayer la baisse »

Avec la revalorisation des aides, la filière reprend espoir et espère, sinon faire repartir la production à la hausse, tout au moins « enrayer la baisse ».
Toute la difficulté va être, après ces années de crise, de convaincre les éleveurs que le vent est désormais beaucoup plus favorable à la production ovine. « Les gens n'imaginent pas l'impact des nouvelles primes, constate Philippe Collas. Nous allons faire des simulations pour pouvoir communiquer ». Et, les responsables de la filière ne s'en cachent pas, ils visent clairement les nouveaux éleveurs qui s'installent et ceux qui veulent changer de production (bovin lait et bovin viande). « Nous allons les démarcher en sachant que nous avons des droits à produire en réserve. »
La filière n'a pourtant pas attendu les nouvelles aides pour essayer de redonner confiance aux producteurs ovins en place. Si la commercialisation de l'Agneau du Périgord n'a jamais posé de souci, il était très peu distribué dans le département. Commercialisé principalement par Arcadie Sud-Ouest dans ses circuits habituels, il s'affichait surtout dans des boucheries traditionnelles de la région parisienne et de quelques autres régions. « Les professionnels ont demandé à relocaliser le produit sur la Dordogne », explique Philippe Lacaze. L'objectif était de relancer la motivation des éleveurs en leur montrant l'intérêt qu'il suscite auprès des consommateurs de la région et en les associant « à l'acte de vente ».

Animations commerciales

Début 2008, Univia a contacté toutes les grandes surfaces de la Dordogne pour leur faire connaître le produit et leur proposer d'organiser des animations commerciales.
Pendant une semaine, des binômes constitués d'un éleveur et d'un technicien se relaient pour faire découvrir et déguster l'agneau aux consommateurs. Et aussi, lever les préjugés en expliquant que c'est une viande jeune qui n'a pas le goût fort du mouton. « Il faut sortir de la viande festive pour susciter une consommation régulière », considère Philippe Collas. Une quinzaine d'animations ont été organisées depuis un an et demi.
Désormais, dans le département, six grandes surfaces et quatre boucheries traditionnelles distribuent l'Agneau du Périgord et les ventes ont été multipliées par dix. Aujourd'hui, sur les 8200 agneaux labellisés, 2000 sont consommés en Dordogne. « C'est très intéressant au niveau commercial et ça redonne de la fierté aux éleveurs », se réjouit Philippe Collas.

Priorité à la relance

Ces opérations ont permis de vendre davantage d'agneaux labellisés malgré la baisse de la production. Mais aujour-d'hui, sur les 10 500 labellisables, plus de 80 % sont vendus sous label. Difficile de faire mieux. « Nous sommes à saturation », reconnaît le responsable du groupement ovin. C'est donc bien la relance de la production qui est aujourd'hui la priorité. « C'est notre challenge des prochains mois. »

Le cahier des charges impose, pour les agneaux, une complémentation fermière à base de céréales produites sur la zone (50 % au moins), associées à un complémentaire azoté. (B. Griffoul)

Le cahier des charges impose, pour les agneaux, une complémentation fermière à base de céréales produites sur la zone (50 % au moins), associées à un complémentaire azoté. (B. Griffoul)

 

Chiffres clés du Groupement Univia

. 155 producteurs élevant 165 brebis en moyenne.
. 18 200 agneaux, 10 500 labellisables, 8200 labellisés.
En 2008, les labellisables ont été vendus 5,73 euros/kg carcasse (dont 0,6 euro de plus-value), soit un prix de vente de 102 euros par agneau.
. L'abattage (entre 15 et 21 kg) est réalisé par Arcadie Sud-Ouest à Thiviers (350 agneaux par semaine) et à l'abattoir municipal de Ribérac (AVLP) (50 agneaux par semaine).
. L'Agneau du Périgord est distribué dans 61 points de vente dont dix grandes surfaces (30 % du volume).

Source Réussir Pâtre Octobre 2009

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