En Wallonie, la biodiversité préservée grâce aux brebis

Réussir Pâtre Mai 2014

En Wallonie, la biodiversité préservée grâce aux brebis
Les ardennaises au travail de maintien de la diversité des pelouses calcaires. DR

Léo Van Santfoort s’est lancé en 2004 dans la gestion du pâturage de réserves naturelles, avec le soutien de la Commission européenne. Installé à Boussu-en-Fagne, dans le sud de la province de Namur, il fait pâturer ses moutons de races ardennais roux, ardennais tacheté et mergelland sur les prairies calcicoles du parc naturel Viroin-Hermeton. Le fonds européen Life-Nature, qui protège la biodiversité, lui a permis de financer des brebis ainsi que des clôtures mobiles. Il a établi une convention de gestion avec la division de la nature et des forêts (DNF), service public de Wallonie. Les races utilisées sont rustiques, de conformation limitée et très bien adaptées à l’éco-pastoralisme. La race ardennais roux est comparable à la solognote française.
Pour continuer à bénéficier des subventions, l’éleveur doit respecter un cahier des charges précis sur les 130 hectares de pelouses calcaires qui lui sont alloués chaque année. Il doit suivre un calendrier de pâturage, avec une cinquantaine de parcelles découpées en fonction des espèces floristiques protégées, par exemple l’orchidée sauvage. Il précise les sites à pâturer, le nombre de jours par parcelle, la densité de moutons à l’hectare, la date d’entrée et de sortie ainsi que les zones à ne pas pâturer.

Pâturage de pelouses calcaires

Les 700 brebis sont mises en lutte en juillet-août. L’éleveur atteint une prolificité de 1,5. L’hiver, les animaux sont nourris avec un enrubannage assez sec et 200 à 300 g de concentré. L’intérêt est de sevrer les agneaux en fin d’hiver pour envoyer les brebis au pâturage sur les pelouses calcaires, sans les agneaux. Les déplacements sont ainsi largement facilités. L’éleveur organise son pâturage en posant des filets et en transportant régulièrement ses brebis à l’aide d’une grande bétaillère. Il peut y avoir dix lots à dix endroits différents.

Une race locale maintenue

Aujourd’hui à la tête d’une troupe de brebis certifiée agriculture biologique, Léo Van Santfoort écoule néanmoins 95 % de ses agneaux dans le circuit conventionnel, le projet Life n’ayant pas prévu la commercialisation et la valorisation des agneaux. Originaire de l’Ardenne belge, le mouton ardennais est considéré comme une race locale menacée et bénéficie d’un soutien de la région wallonne, qui compte environ 2 000 brebis en race pure. Elle présente deux robes différentes, rousse ou tachetée. La tête est fine et découverte, au profil droit ou busqué. L’agneau est complètement roux. Sa laine s’éclaircit au cours de la croissance pour devenir beige-roussâtre. La queue doit être laineuse au moins jusqu’au niveau des jarrets. Cette race est facile à élever. Les brebis agnèlent facilement et ont de bonnes aptitudes laitières. Outre ses activités d’éco-pâturage et de vente de viande d’agneau, Léo Van Santfoort gère également des gîtes à la ferme.

Article écrit par sept élèves du CS ovin de Mirecourt, avec le concours de Philippe Vandiest et Charles Delmotte

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