Environnement, sécurité alimentaire, bien-être animal, les nouveaux défis de l’industrie de la viande

Laurence Geffroy - Réussir Pâtre Août-Septembre 2012

Environnement, sécurité alimentaire, bien-être animal, les nouveaux défis de l’industrie de la viande
En Nouvelle-Zélande, les chercheurs ont mis au point une méthode de calcul pour l’empreinte carbone de l’agneau vendu au Royaume-Uni. © J. Beaudoin

Le congrès mondial de la viande avait lieu cette année à Paris. Les nouvelles attentes sociétales étaient au cœur de cette 19e édition, dont celles liées à l’environnement.

L'agneau de Nouvelle-Zélande, consommé au Royaume-Uni

Environnement, sécurité alimentaire, bien-être animal, les nouveaux défis de l’industrie de la viande

Contribution des principales étapes au calcul de l'empreinte carbone de l'agneau.

Environnement, sécurité alimentaire, bien-être animal, voilà les nouveaux défis des professionnels de la viande pour les prochaines décennies. L’impact environnemental de la viande a été l’un des sujets évoqués lors du congrès mondial organisé par Interbev et Inaporc en juin dernier, à Paris.
Les consommateurs semblent être de plus en plus sensibilisés à cette question et cela devient un argument de vente. Des enseignes de la grande distribution ont en effet récemment mis en place un étiquetage sur l’empreinte carbone de leurs produits, en particulier au Royaume-Uni et en France, comme chez Casino ou Picard surgelés. Chez ce dernier, le gigot d’agneau de Nouvelle-Zélande obtient la plus mauvaise note du magasin, agrémentée du commentaire « fort impact sur ma planète ». Le calcul de l’empreinte carbone de ces enseignes est remis en cause par les Néo-Zélandais dont Stewart Ledgard, chercheur chez AgResearch, qui a profité du congrès pour demander une harmonisation de la méthodologie et a présenté la sienne sur l’analyse du cycle de vie de la viande d’agneau, de la ferme au consommateur. Pour la réaliser, il s’est appuyé sur un échantillon de 400 fermes. Dans son calcul, il prend en compte ce qui touche à l’exploitation, comme les engrais, la consommation d’énergie, le stockage du carbone dans les prairies, la fabrication des coproduits mais aussi l’énergie dépensée par les fourneaux du consommateur, en passant par la transformation et le transport de la viande.
Le résultat s’établit ainsi à 19 kg de CO2 équivalents par kilo d’agneau, dont 80 % sont émis sur la ferme, 5 % dépensés pendant le transport, 12 % lors de la consommation et 3 % lors de l’étape de transformation.
Si l’empreinte est accentuée par les longues distances parcourues par la viande (plus de 20 000 km pour le Royaume-Uni), l’élevage ovin en Océanie est basé sur le pâturage toute l’année avec peu d’intrants. Et la plupart des usines de transformation d’agneau néo-zélandais se sont améliorées, notamment pour le traitement des effluents.
Pour le chercheur, la meilleure façon de réduire les émissions de gaz à effet de serre à la ferme est d’accroître la productivité de la brebis, ce sur quoi travaillent les producteurs néo-zélandais depuis trente ans. Le taux de prolificité est passé de 100 % au début des années 90 à 125 % en 2008. En 2009, les Néo-Zélandais ont produit plus de poids de carcasse d’agneaux par rapport à 1990, mais à partir d’un troupeau dont l’effectif a chuté de 43 %. Pendant ce temps, l’empreinte carbone a diminué de 20 %, grâce à une augmentation de l’efficacité de production.

Les prairies, puits de carbone

Calculer les impacts de l’élevage sur l’environnement, c’est l’un des projets sur lequel travaille également l’Institut de l’élevage. Jean-Baptiste Dollé a expliqué lors de sa présentation que les éleveurs français ont amélioré la gestion des engrais azotés, la valorisation des déjections animales et réduit leurs consommations d’énergie. « Bovins, ovins et caprins sont nourris à l’herbe dans la majorité des élevages français, ce qui présente le double avantage de ne pas concurrencer l’alimentation humaine et de favoriser le stockage de carbone par les sols destinés au pâturage. Les prairies sont un puits de carbone compensant de 40 à 50 % les émissions de méthane. » De plus, les zones humides et les systèmes bocagers permettent de conserver une qualité de ressource en eau et une biodiversité. 

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires