Fourrage : Pour les semis d'automne, pensez aux légumineuses

Laurence Sagot et Eric Pottier (Ciirpo/Institut de

Plus résistantes à la sécheresse, les légumineuses assurent la constitution de stocks riches en protéines et garantissent des repousses en automne. Mais pour allier qualité du fourrage et performances techniques, quelques précautions sont nécessaires.

Luzerne, trèfle violet, sainfoin, semées pures ou en association avec des graminées sont
des sources de protéines qui peuvent être valorisées sous différentes formes. En fauche, il
est préférable d'utiliser une faucheuse conditionneuse et d'avoir recours à l'enrubannage
(en particulier pour la première coupe), ces pratiques limitant considérablement la perte des
feuilles. De plus, les interventions de fanage, andainage et pressage, doivent être réalisés à
la « fraîche » et jamais en plein soleil. S'il est récolté avec ces précautions, ce type de
fourrage permet d'économiser 25 kg de concentré par brebis sur la lactation en se passant
de source azotée, tourteaux ou protéagineux.

Les repousses de fin d'été peuvent être pâturées par des agneaux en finition ou des brebis en lactation.(Inovlim-J.C. Dupuy)

Les repousses de fin d'été peuvent être pâturées par des agneaux en finition ou des brebis en lactation.(Inovlim-J.C. Dupuy)

Les légumineuses se pâturent aussi

Après des fauches aux deux premiers cycles, le troisième peut être pâturé en fin d'été et
début d'automne. Il est fortement conseillé d'introduire les animaux sur un couvert fleuri et
de réaliser une transition alimentaire de plusieurs jours, sous peine de problème d'acidose.
Le pâturage libre peut être adopté dans tous les cas, mais il est impératif de sortir les
animaux de la parcelle lorsque la disponibilité en feuilles est réduite. S'il ne reste que des
tiges, les performances techniques sont diminuées. En laissant les agneaux consommer le
meilleur de la plante, il est possible de finir 15 animaux sevrés par hectare de légumineuse
semée pure et 25 agneaux avec un apport quotidien de 300 g de céréales. Cela permet
d'économiser 20 à 30 kg de concentré par rapport à une finition en bergerie.
Pour des brebis en lactation, l'herbe suffit à couvrir les besoins si le niveau de chargement
le permet. Les économies réalisées par rapport à une lactation en bergerie s'établissent à
50 kg, soit environ 9 euros par brebis.
Mais attention aux trèfle violet et luzerne malades sur pied (feuilles attaquées par un
champignon ou un insecte) ! Les plantes peuvent alors produire des composés appelés
phytooestrogènes qui ont pour conséquence une inferlité des femelles et des mâles. En cas
de doute, il est conseillé de ne pas utiliser ces plantes, en pâturage ou sous forme de
stocks (foin, enrubannage, en même déshydratés) pendant le flushing, le lutte et la fin de
gestation.



 

Source Réussir Pâtre Juin 2008

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