Fourrages : Mélanger les espèces pour s'adapter aux conditions sèches

Damien Hardy

Sur ses terres très séchantes, François Crouigneau a développé des techniques culturales afin de produire du fourrage toute l'année : mélanges d'espèces, irrigation et cultures de plantes tropicales.

Aslonnes, dans le Sud de la Vienne, les terres argilo-calcaires ne retiennent pas longtemps
l'eau de pluie. François Crouigneau, qui élève 260 chèvres sur 54 hectares de ses terres
légères et peu profondes (la roche est entre 15 et 30 cm), a dû adapter son système aux
conditions séchantes. « En juin, deux semaines sans pluie suffisent pour que la prairie
sèche, décrit l'éleveur, et en été, il faudrait idéalement de l'eau tous les cinq jours ».
Soucieux de préserver son autonomie alimentaire autant que la pérennité des sols,
François est devenu un adepte des prairies multi-espèces depuis l'an 2000 où il met ses
animaux à l'herbe. Ces mélanges complexes associent ray-grass anglais, italiens et
hybrides, dactyles, bromes, luzernes, trèfles blancs et violets et lotiers. « Le trèfle blanc et
les ray-grass italien et hybride assurent l'essentiel de la production la première année puis
disparaissent progressivement au profit des autres espèces. Le ray-grass anglais et le
brome sont appréciés car ils couvrent rapidement le sol. Les prairies de mélange démarrent
leur pousse tardivement, vers le 15 mai, mais elles poussent vite quand la terre se
réchauffe » décrit l'éleveur. Nécessitant moins d'apport d'azote tout en apportant plus de
protéines à la ration, les prairies multi-espèces restent vertes l'été et résistent mieux à la
sécheresse.

Grâce à ses terres très séchantes, François Crouigneau met ses chèvres en pâture dès le mois de mars. (D. Hardy)

Grâce à ses terres très séchantes, François Crouigneau met ses chèvres en pâture dès le mois de mars. (D. Hardy)

Mélange de céréales, sorgho et irrigation

Même philosophie pour les céréales que François Crouigneau cultive en mélange. « L'an
dernier, je n'ai fait aucune intervention sur le mélange triticale-pois entre le semis et la
récolte » se félicite l'éleveur, qui a obtenu 55 quintaux à l'hectare de ce mélange riche en
protéines. Il apprécie aussi l'épeautre, cette céréale rustique qui se récolte avec sa balle,
riche en cellulose, et qui limite ainsi les risques d'acidose.
En cas de grosses chaleurs, l'éleveur a aussi développé des solutions de dépannage à
base de plantes tropicales qui poussent en conditions chaudes et sèches. Quand un été
sec se profile, il sème du sorgho en juin qu'il peut faire pâturer dès le mois d'août. « Le
sorgho est très apprécié des chèvres mais il n'est pas assez riche pour faire beaucoup de
lait » décrit François Crouigneau. Un constat moins positif pour le moha qui n'est pas très
riche et peu prisé des chèvres.
Heureusement, François Crouigneau a la possibilité d'irriguer 45 hectares de ses terres. «
C'est indispensable pour assurer une récolte de fourrage ou de céréale » explique l'éleveur.
Par contre, en prenant l'eau dans une rivière qui a souvent des limitations de pompage à
partir du mois d'août, l'irrigation reste aléatoire et François cherche toujours à produire le
plus de fourrage possible au printemps.


Source Réussir La Chèvre Juillet-Août 2008

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