Francis Personne, expert lainier (Haute-Vienne) : Je cherche un jeune motivé par la laine pour me succéder »

Laurence Geffroy

Francis Personne, expert lainier, juge les ovins pour leur laine lors du Concours général agricole de Paris. Il aimerait aujourd'hui pouvoir former quelqu'un pour le remplacer dans cette fonction.

Ceux qui viennent au Concours général agricole de Paris l'ont forcément croisé. Francis Personne est l'un des derniers experts lainiers français, à juger encore les toisons sur les animaux vivants. Et ayant pris sa retraite l'an dernier du syndicat général des cuirs et peaux, il s'inquiète de ne pas avoir de successeur. « La France est le parent pauvre de la laine, car dans de nombreux pays d'Europe comme la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Suisse, l'Espagne, la Grèce… Il y a encore des experts lainiers en activité. » En Angleterre, il y a le fameux « british wool marketing board » et son marché de Bradford avec vente aux enchères électroniques tous les quinze jours, où les balles de laine sont expertisées et achetées par lots. « C'est plus simple outre-Manche, explique l'expert, il y a deux ou trois types de laine, mais en France, il y a autant de laines que de moutons ».
Francis Personne a commencé sa carrière comme technicien d'élevage à la coopérative ovine Caveb-Obam de Bellac, en s'intéressant aux parasites et aux traitement des peaux d'agneaux. Puis il a intégré en 1983 la chambre syndicale de la mégisserie lainière, chargé du développement des traitements externes dans les élevages pour l'amélioration de la qualité des peaux, et en 1999, le syndicat général des cuirs et peaux.

Entre temps, il a suivi des études par alternance pour devenir ingénieur. Il a beaucoup appris sur le mouton en travaillant avec Maurice Laidet et Christian Des Touches, deux experts lainiers. « Le produit n'a aujourd'hui plus de valeur, regrette-t-il. On est dans un cercle vicieux, les éleveurs ne prennent plus soin de la laine, car elle ne vaut plus rien ». La laine est dévalorisée mais les peaux subissent également un déclin industriel. Là encore, de 250 mégisseries en 1974, il n'y en a plus qu'une vingtaine aujourd'hui et « uniquement pour le marché du luxe ». Mais Francis Personne se montre plus optimiste sur le cuir. « On peut encore le travailler, il existe un débouché, la ganterie par exemple, et celle-ci se démocratise. Il existe peu de produits de remplacement. Par contre, la laine, on peut s'en passer car elle est facilement remplacée par des fibres synthétiques » regrette-t-il.

Le souhait de l'expert lainier serait de former un jeune pour son activité de juge lors du Concours général agricole du salon de Paris. (DR)

Le souhait de l'expert lainier serait de former un jeune pour son activité de juge lors du Concours général agricole du salon de Paris. (DR)

 

Former un jeune pour les concours

Maintenant qu'il est en retraite, son souhait serait de former un jeune pour son activité de juge lors du Concours général agricole du salon de Paris qu'il poursuit encore actuellement, avec Jacques Vieuxmaire, autre expert lainier à la retraite depuis quelques années. « Pour la laine, il est difficile de trouver quelqu'un de motivé, car il faut apprendre tous les standards de toutes les races, il faudrait deux ou trois ans de concours pour former quelqu'un ». Lorsqu'il a commencé, il y avait encore des coopératives lainières et chaque race organisait son concours spécial, ce qui lui a permis d'acquérir rapidement des connaissances et quelques préférences. « J'ai un penchant pour le Mérinos, bien sûr, et pour les races mérinisées comme l'Ile de France ou le Berrichon du Cher pour la laine et la Lacaune, la Blanche du Massif central, la Préalpes pour les peaux. » Il y a urgence. Si personne ne reprend le flambeau, il risque de ne plus y avoir de concours sur la laine au CGA de Paris, au grand dam des éleveurs qui s'y intéressent et font des efforts sur leur troupeau.

 

Pour en savoir plus sur le concours général agricole de Paris : www.cga-paris.com

Source Réussir Pâtre Novembre 2009

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