Fromages : Un marché sain malgré une baisse des fabrications

Damien Hardy

« Il se passe des choses sur le marché des fromages de chèvre » s'inquiète Maryline Le Pape, la directrice de l'Anicap. Habitués à un marché en croissance, les industriels laitiers ont réduit leurs fabrications de fromages de chèvre depuis le début de l'année par rapport à l'année précédente qui était, il est vrai, assez élevée. Cette baisse des fabrications est liée au recul notable de l'exportation. Le Royaume-Uni, les États-Unis et, dans une moindre mesure, l'Allemagne, les trois pays qui représentent la moitié des exportations des fromages de chèvre, ont été touchés de plein fouet par la crise économique mondiale. Et si le marché des fromages de chèvre se développe globalement dans tous les pays, il est aussi de plus en plus concurrencé par la production locale. En France, à cause de la crise, les industriels utilisent de moins en moins de fromages de chèvre dans leurs préparations culinaires pour leur préférer des fromages meilleur marché.

La production de fromages de chèvre connaît pour la première fois une légère baisse en 2009, due à une baisse de l'export et une moindre utilisation par les industries agroalimentaires. (D. Hardy)

La production de fromages de chèvre connaît pour la première fois une légère baisse en 2009, due à une baisse de l'export et une moindre utilisation par les industries agroalimentaires. (D. Hardy)

Collecte encore insuffisante

Malgré ces signes négatifs, le marché reste porteur grâce notamment à la consommation des ménages. « La consommation des fromages de chèvre a été multipliée par 4 en 20 ans » rappelle Marylin Le Pape. Les achats de fromage de chèvre dans les rayons libre-service des grandes surfaces ont progressé de 7 % en volume et 9 % en valeur en 2008. Une croissance qui se poursuit en 2009 malgré un marché des fromages en libre-service plutôt en stagnation. Par contre, le niveau de la collecte continue d'inquiéter. « La production de lait de chèvre en France n'est pas suffisante pour répondre aux besoins des entreprises » constate Patrick Charpentier, le président de l'Anicap. « Ces laiteries continuent d'importer des volumes de lait importants : plus de 100 000 millions de litres en 2008, soit 24 % de la collecte nationale ».
« Attention à ne pas se faire prendre la place par nos voisins européens » prévient Jean-Jacques Labbe, président de Poitouraine. « Surtout que beaucoup d'éleveurs sont proches de la retraite » prévient Jacky Salingardes, président de la Fnec.

Patrick Charpentier, président de l'Anicap. (D. Hardy)

Patrick Charpentier, président de l'Anicap. (D. Hardy)

 

Source Réussir La Chèvre Septembre-Octobre 2009

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires