Gastronomie : Métiers de bouche et agriculteurs, même combat

Dans un rapport, le Conseil économique social et environnemental plaide pour un rapprochement du consommateur et des métiers de bouche avec les agriculteurs.

« Le goût et la nutrition doivent être enseignés à l'école, comme le calcul et la grammaire. » Pour André Daguin qui vient de rédiger pour le Conseil économique social et environnemental (Cese) un rapport sur le thème de l'assiette aux champs, cette démarche ne relève pas du voeu pieux. C'est tout un pan de la culture française qui mérite d'être préservé et donc transmis aux générations futures. Comme il est important que l'inscription du repas gastronomique à la française soit inscrit au « patrimoine immatériel de l'humanité ». En tout cas, le Cese soutient cette initiative. Mais sans attendre le résultat de cette candidature, le Conseil estime qu'il faut réfléchir aux moyens d'assurer la pérennité « des valeurs de convivialité, de partage, de plaisir, auxquelles le repas traditionnel est associé ». Ainsi André Daguin plaide-t-il pour la création d'une Cité du Goût « où serait fait l'inventaire de tout ce qui se fait en France métropolitaine et outre-mer » en matière de gastronomie. De la même façon qu'il existe une Cité de la Musique ou une Cité des Sciences. Quoi qu'en disent certains, les progrès accomplis en matière d'amélioration de la qualité et de traçabilité des produits doivent être mieux perçus par les consommateurs, estime le rapporteur. Il se prononce par une stabilisation durable de la réglementation concernant les signes officiels de qualité et l'étiquetage, face à la profusion des allégations aussi diverses que variées.

S'agissant des signes de qualité, André Daguin propose la mise en place de logos spécifiques, « pour ne pas surcharger les étiquettes et ne pas créer de confusions » avec des informations à caractère purement commercial. Comme il se prononce pour « un moratoire global » sur toutes les allégations nutritionnelles santé, tant que « ces allégations n'auront pas été clarifiées par l'Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments ». Et le rapporteur qui se félicite des efforts menés en France en matière de traçabilité, souhaiterait que nos partenaires ou concurrents en fassent souvent autant. Il n'hésite pas à déclarer « qu'une production française non bio offre plus de garanties qu'un bio venu d'ailleurs ».
André Daguin, qui fut président de la Fédération nationale de la restauration française et l'initiateur de la TVA à 5,5 % dans la restauration, plaide pour le renforcement des liens entre les agriculteurs et les professionnels des métiers de bouche.

Les progrès accomplis en matière d'amélioration de la qualité des produits doivent être mieux perçus par les consommateurs. (CIV)

Les progrès accomplis en matière d'amélioration de la qualité des produits doivent être mieux perçus par les consommateurs. (CIV)

 

Circuits courts

Il est favorable au développement des circuits courts, aux ventes directes à la ferme ou sur les marchés, ou indirecte via les restaurateurs. « Tout en évitant une certaine concurrence avec les professionnels locaux. »
Dans le même ordre d'idée, le Cese souhaite que l'agriculture périurbaine soit préservée. Pour ce faire, il propose de rendre obligatoire « des objectifs de lutte contre les surfaces agricoles » dans les plans locaux d'urbanisme. Et que les aides à l'installation des jeunes agriculteurs soient « sinon réservées du moins modulées » pour ceux qui s'installent en zone périurbaine.

Source Réussir Pâtre Janvier 2010

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