Génétique caprine : Capgenes se dote d'un nouveau bâtiment

Damien Hardy

La génétique caprine a investi dans une nouvelle bouquerie pour produire plus de semences certifiées et participer à la conservation des races. L'assemblée générale de Capgenes a aussi permis de faire le point sur la sélection présente et à venir.

La deuxième assemblée générale de Capgenes, l'organisme et entreprise de sélection caprine, s'est tenue cette année au siège de l'entreprise, à Mignaloux-Beauvoir, à côté de Poitiers dans la Vienne. Mais, à cause du soleil propice aux travaux des champs et des grèves de train le 24 juin dernier, seule une soixantaine de personnes ont pu visiter le nouveau bâtiment et faire le point sur les activités de Capgenes en 2009.
La nouvelle bouquerie de 680 m2 devrait être opérationnelle pour la prochaine saison. « Auparavant, dès la fin de la première année sexuelle, il fallait arrêter un quart des mâles en production, explique Pascal Boué, le directeur de Capgenes. Maintenant avec 80 nouvelles cases, la carrière des mâles améliorateurs sera optimisée ». L'espace supplémentaire permettra aussi d'intégrer plus de races à petits effectifs et de répondre à un élargissement des critères de sélection. D'un coût de 480 000 euros auxquels vont s'ajouter 160 000 euros de panneaux photovoltaïques, le bâtiment en bois est isolé, ventilé et équipé d'un système de rafraîchissement par projection de micro gouttelette d'eau (cooling). « S'il fait 45°C dehors, il ne doit pas faire plus de 28°C à l'intérieur. »

La conception intérieure du nouveau bâtiment avec des cases individuelles de 4 m2 permettra de manipuler les reproducteurs en toute sécurité. (D. Hardy)

La conception intérieure du nouveau bâtiment avec des cases individuelles de 4 m2 permettra de manipuler les reproducteurs en toute sécurité. (D. Hardy)

Produire du progrès génétique

Capgenes a déploré comme tous les ans une baisse du nombre d'adhérents mais, cette année, elle est accompagnée d'une baisse du nombre de chèvres dans la base de sélection. « À cause de nombreuses démissions au contrôle laitier, des arrêts dans les inséminations et des départs en retraite, nous n'avons pas réussi à maintenir le nombre d'adhérents et la taille du schéma de sélection », regrette Pierre Martin en charge de l'encadrement technique. Malgré tout, avec les 162 000 chèvres présentes chez les 708 adhérents Gènes +, la base de sélection reste suffisante pour produire du progrès génétique. Avec 917 kilos de lait par an pour les Alpines et 1100 kg pour les Saanen, les troupeaux adhérents ont des niveaux de production bien supérieurs à la moyenne de ceux uniquement au contrôle laitier. De même, le niveau génétique des semences mises en place est de 5,5 points d'ICC (index combiné caprin) pour la race alpine et 5,8 pour la race Saanen. Un progrès qui profite directement à près de 1180 troupeaux utilisateurs d'IA caprines. « Malgré le contexte laitier actuel, il ne faut pas se désengager pour ne pas affaiblir la génétique », recommandent François Perrin, président de Capgenes, et Geneviève Barat, présidente de la commission de l'organisme de sélection, en appelant les éleveurs caprins à s'impliquer dans leur coopérative d'insémination.

Vers l'Iran, la Roumanie et Israël

Chaque année, pour proposer une trentaine de nouveaux boucs au catalogue, Capgenes doit programmer plus d'un millier d'accouplements et faire entrer 190 mâles en station. Seuls 70 d'entre eux sont aptes à produire suffisamment de semence de bonne qualité. Une fois sélectionnés, ces cracks devront produire une moyenne de 3 000 doses en deux ans à raison de deux à trois sollicitations par semaine. Après testage, on ne gardera qu'une trentaine de mâles au catalogue sur les 70 rentrés en production.
Il reste cependant encore du potentiel de développement car pour les 79 200 inséminations réalisées en 2009, plus de 178 000 doses ont été produites à la station de Mignaloux-Beauvoir. Cela permet d'exporter de la génétique française comme l'an dernier où plus de 9000 doses de semences ont été vendus, notamment en Iran et en Israël. Capgenes, en coopération avec des groupements de producteurs, a aussi exporté plus de 1200 animaux, vers la Roumanie principalement.

Conserver les petites races

Pour enrichir son offre de services, Capgenes va tester pour la campagne 2010 un outil de prévision de la production laitière en fonction de la reproduction du troupeau. Ce logiciel appelé Previlaic peut être utilisé via les techniciens de contrôle laitier ou d'insémination. De la même façon, le logiciel Activ'IA aide à gérer les accouplements en ferme, en fonction des objectifs de sélection de l'éleveur tout en optimisant la variabilité génétique.
Les compétences de Capgenes ne se limitent pas aux races Alpine et Saanen. Ainsi, l'organisme de sélection de toutes les races caprines s'est félicité de « l'excellent travail » réalisé sur la race Angora où 34 éleveurs enregistrent les poids de tonte et l'analyse des toisons de mohair. Pour la chèvre poitevine, 240 éleveurs qui ont inscrit 2600 animaux réfléchissent avec Capgenes à construire un schéma de sélection adapté. La race corse, de son côté, bénéficie de la construction d'un haras de bouc et de chevrettes. Les éleveurs de chèvre de la race pyrénéenne, qui vise à produire à la fois du lait et des cabris, ont également bénéficié des soutiens de Capgenes pour analyser les lactations.
L'organisme de sélection participe aussi à la conservation des races de chèvre des fossés, du Rove, et Provençale et à la reconnaissance des races de chèvre du Massif central, Créole (en Guadeloupe), Boer et de Péi (à La Réunion).

Source Réussir La Chèvre Septembre-Octobre 2010

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