Génomique caprine : La connaissance de l'ADN permet une meilleure sélection

Damien Hardy

La sélection par la connaissance du génome est une révolution pour les filières agricoles végétales et animales. La sélection caprine devrait aussi en profiter. Pour choisir les meilleurs mâles à diffuser, mais aussi les meilleures femelles à inséminer, la sélection génomique ne se base pas comme la sélection génétique sur les mesures d'un petit nombre de critères (lait, taux, morphologie) de la descendance.
Dorénavant, la connaissance du génome, c'est-à-dire les gènes contenus dans l'ADN des chromosomes, permettra de prédire la qualité de l'animal avant qu'il ne soit rentré en production. Et les critères de sélection pourraient largement s'élargir à des caractères moins héritables et plus qualitatifs.

La génomique permet de sélectionner des reproducteurs sur la base de leur valeur génétique prédite à partir de marqueurs génétiques répartis sur tout le génome. (FGE)

La génomique permet de sélectionner des reproducteurs sur la base de leur valeur génétique prédite à partir de marqueurs génétiques répartis sur tout le génome. (FGE)

Compromis rusticité-production

Les premiers index bovins issus de la génomique sortis en 2008 ont très vite séduits les éleveurs. En chèvre, les semences d'animaux issus de la sélection génomique pourraient être mises à la disposition des éleveurs avant 2020. Par la suite, les critères sélectionnés pourraient se multiplier en même temps que le développement des capteurs en élevage qui permettent d'obtenir des phénotypes de façon quasi-automatique.
Les critères de production (lait, taux) et de morphologie seront maintenus mais ils seront complétés par d'autres, tels que le débit de traite, l'absence de tare, la résistance aux mammites et aux maladies, l'absence de corne, la fertilité, la composition fine du lait (teneur en acide gras court ou long du lait), la longévité, la vitesse d'ingestion, la docilité, la capacité à valoriser les fourrages, l'aptitude aux désaisonnement ou à la monotraite… Autant de nouveaux paramètres qui rendront la sélection plus complexe mais plus passionnante. Il faudra, par exemple, trouver des compromis entre la productivité et une certaine rusticité. Les plus grandes laitières n'étant pas forcément les plus résistantes aux maladies.
Dans un plus lointain avenir, on peut également espérer une sélection génomique encore plus fine en passant d'une puce à 54 K (actuellement en cours de mise au point) à un séquençage complet des animaux. On cherchera aussi à connaître le patrimoine génétique de l'animal avant sa naissance.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir La Chèvre septembre-octobre 2010. (La Chèvre n°300 p. 18 à 26).

Source Réussir La Chèvre Septembre-Octobre 2010

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