Journées 3R : Les avancées de la recherche ovine

Chercheurs et techniciens ont présenté début décembre à Paris quelques résultats de leurs travaux. Petite sélection qui intéressera l'élevage ovin de demain.

Un programme européen a étudié les races locales

Le programme européen « Heritage sheep » (2007-2009) a permis à cinq pays (France, Royaume-Uni, Grèce, Pays-Bas et Slovénie) de sécuriser les moyens de sauvegarde et de développement le cas échéant de 70 races ovines locales. Il visait à identifier les menaces de toutes sortes qui pèsent sur elles et à établir un classement de ces risques. Pour 19 races, les chercheurs ont constaté que 95 % des animaux sont élevés dans le berceau de la race, ce qui constitue un isolement géographique. C'est l'un des principaux facteurs de risque pour ces races rustiques, surtout en cas de crise sanitaire. D'autres facteurs ont été identifiés, comme le vieillissement de la population des éleveurs, la FCO, la baisse de disponibilité en pâturage et en fourrage hivernal… L'impact positif sur le paysage de ces races a été largement mentionné, mais ne se traduit pas par des aides gouvernementales, à l'exception des Pays-Bas. Autre constat : les aides reçues pour sauvegarder ces races sont en général des aides régionales et non nationales ou européennes.
Pour la France, les trois races laitières des Pyrénées (Basco-béarnaises, Manech à têtes noires et Manech à têtes rousses) et les Causses du Lot ont été étudiées plus en détail par l'Institut de l'élevage. Un autre volet de ce programme a permis la collecte de semence ce qui a enrichi la cryobanque nationale avec les races Causses du Lot, Rava, Limousine et Bizet. Le choix a porté en France sur des races dont la semence n'était pas encore cryoconservée.

Les trois races laitières des Pyrénées (ici Manech à têtes noires) ont été étudiées plus en détail.www.GIS-ID64.com)

Les trois races laitières des Pyrénées (ici Manech à têtes noires) ont été étudiées plus en détail.www.GIS-ID64.com)

Contre les idées reçues de l'allaitement triple

Une brebis peut-elle allaiter ses trois agneaux, permettant ainsi à l'éleveur à ne pas recourir à l'allaitement artificiel ? C'est ce qu'a voulu démontrer l'Inra sur son site de la Sapinière (Cher), avec une expérimentation menée sur 800 brebis de race Romane. Une idée reçue circule en effet sur l'appropriation d'une mamelle unique par un agneau, ce qui priverait le troisième agneau dans le cas d'une naissance triple. L'expérience a prouvé le contraire. « Il est possible de faire allaiter une portée de trois agneaux par la mère sans trop pénaliser le taux de mortalité des agneaux d'une part et leurs croissances d'autre part », estiment les chercheurs. L'écart observé entre les agneaux nés et allaités triples et ceux nés triples et allaités doubles n'est que de 30 à 40 g. « Cela se traduit par un écart d'environ 2,5 kg de poids vif à l'âge de 64 jours et de plus de 4 kg à la fin de l'engraissement vers 115 jours, soit environ 7 jours d'engraissement en plus pour atteindre le même poids d'abattage. » Financièrement, le surcoût est donc d'une semaine d'élevage supplémentaire, soit un coût moindre que celui de l'allaitement artificiel. « L'idée de faire allaiter par la brebis les trois agneaux de sa portée triple commence à séduire des éleveurs désireux de maximiser la marge brute par brebis via le levier de la prolificité, facteurs fortement corrélés, le verrou de deux agneaux allaités par brebis pourrait céder » conclut l'Inra.

L'ovin entre dans la course de la sélection génomique

En bovin, une puce permet désormais de génotyper n'importe quel animal avec plus de 50 000 marqueurs génétiques. Rapidement, cette technique va être généralisée à d'autres espèces d'élevage, comme l'ovin. La France est bien placée dans cette course de la génomique. Après une première utilisation en ovin de la technique pour lutter contre la tremblante, un projet appelé sheepSNPQTL doit localiser finement des gènes sur l'ADN (appelés QTL) affectant les principaux caractères d'intérêt chez les ovins laitiers et allaitants et de tester l'approche de la sélection génomique sur des données réelles en ovins laitiers. Ce projet sera suivi en 2010 du projet européen 3SR qui a pour but d'identifier les gènes et leurs mutations causales responsables des phénotypes étudiés ainsi que leurs rôles biologiques. Les chercheurs espèrent d'ici trois ou quatre ans proposer des stratégies efficaces de sélection utilisant de manière optimale l'information génomique.

Source Réussir Pâtre Janvier 2010

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