L’agneau de nos régions, un produit dynamique et rémunérateur

Laurence Geffroy - Réussir Pâtre Avril 2013

L’agneau de nos régions, un produit dynamique et rémunérateur
Les représentants des Mousquetaires ont souligné leur soutien à la filière ovine. © L. Geffroy

La démarche « agneaux de nos régions » portée par Intermarché et la SVA Jean Rozé, tire son épingle du jeu malgré un climat de consommation morose.

La certification de conformité produit (CCP) « agneau de nos régions » lancée en 2002 par Intermarché a déjà dix ans. Elle s’appuie sur la SVA Jean Rozé qui abat 5000 tonnes d’agneau par an. La démarche concerne 263 000 ovins et 670 éleveurs dans la partie nord, est et ouest de la France avec douze organisations de producteurs. La filière reste dynamique, malgré une baisse générale de consommation, avec des abattages qui ont augmenté de 4 % depuis 2006, tandis que les abattages nationaux reculent de 3 %. Le taux de certification est de 71 % (60 % de R, 38 % de E et U) et la plus-value moyenne est de 0,37 euro par kilo, soit un prix moyen payé à l’éleveur supérieur de 6 % au prix du marché.

« On tire notre épingle du jeu »

Qu’est-ce qui explique le succès de cet agneau ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre les invités de la table ronde organisée par les Mousquetaires à l’occasion du salon international de l’agriculture, le 26 février dernier à Paris. « Dans l’univers des viandes, on subit davantage la production qu’on ne l’oriente », note Stéphane Lacroix, responsable catégorie viande chez Intermarché. « Mais malgré la crise, on tire notre épingle du jeu, le rayon boucherie est performant et stratégique pour l’enseigne. Alors que l’agneau a perdu 15 % de ses volumes en GMS, Intermarché a conservé les siens. »
Hervé Chapon, directeur des achats vifs des abattoirs Jean Rozé explique que pour réussir, il faut « s’adapter à la demande du consommateur ». La certification se développe dans le Grand Est de la France avec 28 000 agneaux, tandis que le Grand Ouest, bassin historique se maintient avec 30 000 agneaux. L’objectif du distributeur est d’augmenter ses parts de marché en agneau et compte sur les animations en magasins pour y parvenir. « Huit à dix semaines par an, nous sommes en animation agneau », confirme Stéphane Lacroix. L’enseigne a fait évoluer l’offre vers des produits élaborés et envisage de se lancer dans l’agneau « micro-ondable », afin de séduire les nouvelles générations. Pour Laurent Filatre, chef boucher dans le magasin d’Egly (Essonne), venu pour témoigner à la table-ronde, discuter avec le consommateur est primordial. Il écoule 437 agneaux soit huit tonnes chaque année. « On achète la bête entière, c’est à nous bouchers de diriger le client vers autre chose pour arriver à vendre l’agneau entier ».

Lancement d’un partenariat avec les OP

Christian Courtemanche, éleveur dans l’Eure, a demandé à ce que le cahier des charges soit simplifié pour les éleveurs et a suggéré aux Mousquetaires de fournir également leurs prévisionnels, dans le cadre de la contractualisation, afin de mieux répondre aux attentes de l’aval. Aves ses collègues de Bretagne, il a rappelé que dans certaines régions, les agriculteurs pouvaient faire autre chose que du mouton, que le prix est donc important.
La SVA Jean Rozé en a profité pour annoncer qu’elle ambitionne une augmentation de 4 % du cheptel de ses fournisseurs et que pour cela, elle lançait un partenariat avec les organisations de producteurs pour donner 10 euros par brebis installée, avec un budget de 240 000 euros, soit 24 000 brebis d’ici à cinq ans. 

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