L'ambassadrice du lait de brebis

JA Mag

L'ambassadrice du lait de brebis

Le lait de brebis, deux fois plus concentré que celui de vache, cette éleveuse tarnaise en fait des fromages et des yaourts

Quand Marie Jougla a reçu un mail des Jeunes Agriculteurs du Tarn pour lui proposer de participer au concours Graines d’agriculteurs, Marie Jougla n’a pas hésité. « Je voulais faire parler du lait de brebis, montrer qu’on peut en faire autre chose que du roquefort ou de la tomme des Pyrénées. » Agricultrice en Gaec à Anglès (Tarn), l’éleveuse fabrique des tommes, des yaourts et du petit caillé, une spécialité locale. Marie s’est installée en 2011, mais elle a rejoint son mari sur l’exploitation familiale dès 2009. C’est à ce moment qu’elle a commencé la fabrication pour pouvoir « maîtriser la chaîne du début à la fin ». Elle vend sa production à la ferme et via plusieurs débouchés locaux (marchés estivaux de producteurs de pays, drive fermier, épiceries, crèmeries).

Au Gaec Lamarque, 450 brebis de race lacaune produisent 100 à 120 000 litres de lait par an. Un système « plutôt extensif », reflet des conditions naturelles des monts de Lacaune : 800 m d’altitude, sols acides, beaucoup d’humidité (ce qui complique le séchage du foin). Les quatre associés de l’exploitation ont s’adapter. Un exemple ? Les mélanges d’espèces qu’ils sèment pour leurs prairies temporaires. Le but : améliorer la qualité et la pérennité de la production fourragère, autrement dit « avoir du bon foin pendant longtemps ». Certaines espèces occupent le terrain rapidement, d’autres assurent la productivité, les dernières permettant une production sur le long terme. Depuis deux ans, les associés vont encore plus loin en réalisant des essais avec l’Inra avec des mélanges suisses comportant une quinzaine d’espèces. « Nous ne cherchons pas le rendement à tout prix, mais plutôt à produire avec l’herbe que nous avons », explique Marie en souriant.

De février à octobre, Marie transforme 15 000 litres de lait. Le reste est livré à la coopérative La Pastourelle (groupe Sodiaal), qui en fait du roquefort. Le Gaec élève aussi 55 vaches allaitantes limousines, ainsi qu’un troupeau d’environ 200 ovins viande. Les brebis laitières de réforme ou les jeunes mauvaises laitières sont inséminées avec un bélier viande. « Nous sélectionnons beaucoup sur la qualité du lait, notamment sanitaire », précise Marie. Une condition indispensable pour fabriquer de bons fromages.

Source : JAMAG - Yannick GROULT - n° 719 -octobre 2015

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Commentaires 1

Parisien

doivent pas manquer de travail au Gaec Lamarque !

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