L’Angleterre en quête de meilleurs profits

Laurence Geffroy - Réussir Pâtre Novembre 2012

L’Angleterre en quête de meilleurs profits
Meilleure valorisation de l’agneau par la découpe, une réflexion permanente de l’aval. © L. Geffroy

Terre ovine, excédentaire en viande d’agneau, l’Angleterre est tournée en bonne partie vers l’export. Mais ses prochains défis sont les mêmes que ceux de la filière française : le renouvellement des générations et l’élaboration de produits faciles à cuisiner.

Pour en savoir plus

L’Angleterre en quête de meilleurs profits

Voir dossier de Réussir Pâtre de novembre 2012. R. Pâtre n°598, p. 16 à 23.

Avec 14 millions de brebis allaitantes, l’élevage ovin est encore important chez nos voisins du Royaume-Uni (plus de 4 millions en France en 2012). Les Britanniques sont toujours les premiers producteurs de viande ovine de l’Union européenne, avec 289 000 tonnes équivalent carcasses en 2011, devant les Espagnols, les Français, les Grecs et les Irlandais. Grâce à un potentiel herbager et une météo très favorables, les ruminants se plaisent sur les pâturages britanniques et un tiers valorise des surfaces difficiles dans les Highlands par exemple. La mixité est importante et elle est encouragée ; 40 % des producteurs ovins élèvent aussi des bovins. Mais comme en France, l’élevage ovin outre-Manche fait face à une grande difficulté pour renouveler ses générations, avec une population vieillissante. Il n’existe pas de programme semblable à la reconquête ovine française, car l’État ne finance pas ce type d’actions, et il n’y a pas de dotation aux jeunes agriculteurs, ce qui complique l’avenir de l’élevage professionnel.
En Angleterre, 20 000 éleveurs de brebis allaitantes sont suivis par Eblex — structure équivalente à Interbev — dont les missions sont d’améliorer les performances de la filière et de communiquer vers le consommateur, anglais ou à l’export, comme le font Quality Meat Scotland pour l’Écosse et Hybu Cig Cymru pour le Pays de Galles.
Eblex est financée par les éleveurs et les transformateurs de viande. Elle a lancé en 2003 un programme appelé better returns (meilleurs profits), pour aider les éleveurs à améliorer leur troupeau au niveau génétique, au niveau de l’alimentation et du pâturage. Les conseils sont délivrés dans la presse spécialisée, sur les salons, ou lors de portes ouvertes dans les exploitations. Eblex conseille également les agriculteurs pour la vente directe. Elle emploie des ingénieurs mais aussi un maître boucher qui réalise de nouvelles découpes pour la restauration.

L’Angleterre subit actuellement une baisse de consommation de viande ovine

Au Royaume-Uni, la consommation de viande ovine diminue, car on trouve moins d’agneaux de Nouvelle-Zélande bon marché dans les rayons des grandes et moyennes surfaces et les prix augmentent, se rapprochant du prix français, à 4,50 euros le kg en 2011, soit 13 % de plus qu’en 2010. La consommation reste néanmoins supérieure à la France, avec 4,6 kg par habitant par an, contre 3,2 kg dans l’Hexagone. Les familles britanniques achètent surtout du steak haché d’agneau, qu’elles appellent hamburger. Elles sont très friandes de cuisson au barbecue et consomment plus rarement du gigot. Elles font leurs achats pour les trois-quarts en supermarché. Cinq chaînes se partagent le plus gros du marché : Tesco, Sainsbury’s, Asda, Morisoons et Waitrose. Il existe l’équivalent de l’agneau presto, le Quick lamb, pour des morceaux désossés, dégraissés pouvant être préparés en moins de trente minutes. Chaque distributeur a sa propre marque, déclinée en « premier prix », « ordinaire », « haut de gamme », « diététique » et « biologique ». Soixante pour cent des ventes se font dans la gamme « ordinaire ». Mais en Angleterre, c’est la crise, les produits sont trop chers, 25 % de la viande part à l’export. Les principaux marchés sont la France en grande majorité, puis l’Allemagne et la Belgique. Mais là aussi, la tendance est à la baisse. Il y avait plein d’agneaux stockés dans les frigos début 2012, au moment de la sortie des agneaux français Lacaune, de la crise en Espagne, et du retard des agneaux irlandais et gallois sur le marché français.
Pour relancer la dynamique, Eblex vient de publier un guide d’achat de la viande d’agneau pour les bouchers et restaurateurs français. Environ 140 découpes sont répertoriées. En France, la marque Saint-Georges permet d’identifier la viande ovine anglaise, car le pays ne dispose pas d’identification géographique protégée, à la différence de ses voisins écossais et gallois.
 

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