L’étiquette, carte de visite de la fromagerie

Damien Hardy - Réussir Pâtre Février 2012

L’étiquette, carte de visite de la fromagerie
Les dessins, les photos ou les formes les plus originaux côtoient les graphismes les plus élémentaires. © D. Hardy

L’étiquette est à la fois réglementaire et marketing. Elle doit comporter les informations légales et donner envie aux consommateurs d’acheter le produit. Elle est bien plus qu’un bout de papier, c’est un résumé du travail du producteur.

Les tyrosémiophiles, c’est-à-dire les collectionneurs d’étiquettes de fromages (tyro : fromage en grec ; sémio : sens de l’image et phile : amateur de) savent bien que l’objet de leur passion est bien plus qu’un petit bout de papier. Rondes, carrées ou triangulaires, suivant la forme du fromage, les étiquettes sont la carte de visite de la fromagerie. Elles doivent donner les informations légales sur le fromage mais aussi donner envie aux consommateurs de passer à l’achat. Le nom du produit est fréquemment agrémenté d’un dessin qui représente bien souvent la silhouette d’une brebis accompagnée ou non de son agneau. « Sur 95 % des étiquettes d’Aveyron ou du Pays basque, il y a une brebis dessinée » estime Alain Cruchet, le président du club tyrosémiophile de France qui rassemble plus de 2 600 passionnés. Pour caractériser rapidement le produit, l’animal doit pouvoir être reconnu rapidement. Les dessins, plus ou moins stylisés, font alors ressortir les animaux à poils laineux et cornus pour les béliers. En tête ou en pied, l’animal montre son plus beau profil et pose au milieu de sa pâture.
Bien souvent, il est accompagné d’un berger, jeune ou vieux, mais toujours coiffé d’un béret. Parfois, c’est le lieu qui est mis en avant en reprenant le profil d’une montagne ou le contour d’une région. Parfois aussi, c’est le monument de la région ou un portrait de la famille du producteur qui sont dessinés.

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Graphisme personnalisé

Comme les cartes postales, les étiquettes anciennes sont également riches d’enseignement pour les historiens. Apparues vers 1870 avec l’industrialisation des fromageries, les étiquettes ont été nécessaires au fur et à mesure que la vente directe s’estompait au profit d’une vente à distance avec des intermédiaires. Le besoin d’identifier le fromage et son producteur s’est alors fait ressentir.
A l’image des (au moins) 365 fromages de France et de leurs producteurs, les étiquettes sont très diverses en forme, en taille, en couleur ou en graphisme. Sérieuses ou humoristiques, elles sont souvent à l’image du fromager. Et si les imprimeurs disposent de standard d’étiquettes toutes prêtes, beaucoup préfèrent personnaliser le graphisme ou l’image. Tirée à plusieurs milliers d’exemplaires, une étiquette revient à moins de 4 centimes pièce. « Certains fromagers en profitent pour transformer leur étiquette en autocollant géant à mettre sur la voiture de livraison » explique Patrice Guillemot de la société Elimeca qui commercialise du matériel de fromagerie. Parfois, avec des fromages de petite taille, il n’est pas évident de glisser de façon lisible toutes les informations. Surtout si le producteur veut y ajouter un code barres ou le logo bio par exemple. Les étiquettes de tommes ne posent pas ce problème mais, vendus à la coupe, l’étiquette arrive rarement entière chez le consommateur.

Coques plastiques et packaging

Les appellations d’origine ont souvent réalisé un travail important sur l’étiquette qui doit avoir une identité visuelle commune mais aussi la possibilité de la personnaliser. Si certains fromagers fermiers se passent encore d’étiquettes et indiquent les informations légales sur le lieu de vente, ce n’est pas possible pour les fromages industriels qui soignent particulièrement le packaging. Car pour les fromages de laiteries, avec le développement de coque protectrices ou d’emballage, on ne voit plus le fromage et c’est tout le packaging qui se doit d’être le plus attrayant possible.

Club tyrosémiophile de France, BP 14, 27400 Acquigny, tél. 02 32 25 17 32 - Cotisation : 22 €/an.
www.club-tyrosemiophile.fr

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Commentaires 1

Aviron331

C'est bien là tout le paradoxe, on peur y mettre tout ce que l'on veut sur l'étiquette: Par exemple le Pur brebis "petit basque" dont on voit la pub à la tv et qui a été tournée en Slovénie ne garantie en rien que vous achetez un fromage de brebis avec du lait qui vient du pays basque, ce n'est pas un fromage AOP et le consommateur s'y perd. Et c'est bien là l’intérêt de l'industriel. Il en va de même avec les fromages de Normandie...
Un site instructif: http://fromages-basques.com/

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