La nouvelle prime AOP sera calquée sur la CVO qui a fait ses preuves

Renaud Saint-André

La Contribution volontaire obligatoire, qui rémunère la plus-value du lait destiné à produire les fromages auvergnats d’appellation protégée, sera reconduite pratiquement à l’identique.

 

La fameuse Cotisation volontaire obligatoire (CVO), c’est fini. Toutefois, le dispositif qui se substituera en début d’année en sera très proche, l’État s’engageant à faire appliquer cette nouvelle cotisation volontaire. Les producteurs continueront de percevoir une plus-value équivalente sur le lait AOP en provenance des kilos de fromages produits ou mis en marché. Une partie de ces sommes collectées servant, comme précédemment, à alimenter une enveloppe réservée à la communication. Rappelons que cette année, la CVO aura permis de réunir 10 millions d’euros : 2 millions pour le volet communication et 8 millions versés aux producteurs.

Dans le “paquet lait”

Rien ne va donc changer ? Non  pas en apparence du moins. C’est le fonctionnement juridique qui évolue et devient... “euro-compatible”. “Dans le cadre du futur “paquet lait” - et de renforcement en matière de règles de la concurrence - la France notifiera tous les accords interprofessionnels”, explique Michel Lacoste. Le président du Cif (Comité interprofessionnel des fromages qui gère les AOP cantal et salers), a acquis la certitude que tous les éléments sont réunis pour profiter de dérogations afin de construire une nouvelle prime AOP, calquée sur l’actuelle CVO, et dont la mise en œuvre est annoncée pour le début de l’année 2012. “Un schéma durable grâce à une assise juridique”, rassure Michel Lacoste. En attendant, c’est un système transitoire qui se met en place ; un “CV” pour finir la campagne, les entreprises s’étant mises dans l’obligation de la verser dans les conditions de la CVO, arrivée à terme fin octobre. Une réunion avec l’ensemble des acteurs de la filière, se tient sur les perspectives à venir, aujourd’hui mercredi 16 no­vembre, à la préfecture du Cantal. Entre 2009 et 2010, le dispositif aura permis aux producteurs de lait transformé en AOP Auvergne une plus-value de 30 E par 1 000 litres, puis de 40 E. Sachant que parallèlement le prix de base a régulièrement augmenté sur ces trois dernières années de 270 E/1 000 l., à 290 E puis 320 E. “Il reste toujours des marges d’amélioration”, estime cependant Chantal Cor, présidente de la section laitière de la FDSEA, qui rappelle que le prix de 2009 était anormalement bas et que les charges ont littéralement explosé sur la période. Parmi les pistes qu’elle évoque, l’augmentation du prix des fromages AOP d’Auvergne, trop souvent perçues comme des produits d’appel. “Des habitudes restent à changer”, convient Michel Lacoste en soulignant l’accroissement concurrentiel. D’où l’idée de ne pas relâcher la pression en matière de communication, pour rester dans la course et limiter la baisse de consommation.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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