La recherche a identifié Quatre niveaux d’adaptation à la sécheresse

Laurence Geffroy - Réussir Pâtre

La recherche a identifié Quatre niveaux d’adaptation à la sécheresse

L’association française pour la production fourragère avait choisi le changement climatique comme thème de ses journées de printemps les 26 et 27 mars, à Paris.

E n introduction aux journées techniques de l’AFPF  consacrées au changement climatique et ses répercussions sur les systèmes fourragers, des météorologistes ont rappelé les scénarios les plus probables qui attendent les éleveurs pour la fin du XXIe siècle. À l’échelle mondiale, il pourrait y avoir une augmentation de température de 4 °C, accompagnée d’une hausse du niveau des mers, ce qui conduirait à un déplacement des populations et aurait un impact sur les réserves d’eau douce. Des épisodes de sécheresse plus longs et des précipitations plus importantes sont à prévoir, en raison d’un cycle de l’eau accéléré. En zone tropicale, les récoltes déclineront, tandis qu’elles augmenteront en hautes latitudes. Côté santé, de nouvelles maladies liées aux moustiques risquent de faire leur apparition.

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Du nord au sud

À l’échelle française, si au Nord du pays, le réchauffement pourrait conduire à une augmentation des rendements en cas de hausse de
1 à 3 °C, elle provoquerait une baisse au-delà des 3 °C. Au Sud, les rendements diminueront de toute façon, même pour une faible augmentation de température. Ainsi, le climat méditerranéen remonterait vers le Nord et le Nord-Ouest. Avec ces nouvelles conditions, l’eau sera un facteur clé et l’agriculture sera plus vulnérable.
D’après les spécialistes de Météo France, en un siècle, l’Hexagone a déjà connu une augmentation d’un degré Celsius. C’est surtout dans le Sud-Ouest que le phénomène a été ressenti, avec une baisse des précipitations hivernales et des printemps secs, dont 2011 en est un exemple extrême qui aura amené beaucoup de questions. Des enquêtes ont été menées dans différentes régions pour connaître la perception actuelle des éleveurs et voir s’ils avaient commencé à mettre des mesures en place. L’une des enquêtes a concerné soixante éleveurs ovins, menée par Suaci Alpes du Nord et le GIS Alpes Jura, avec l’appui de l’Intitut de l’élevage.
Quatre niveaux d’adaptation ont été relevés :
1 - Le premier appelé « gestion de crise » n’est pas une véritable adaptation, mais plutôt des actes ponctuels pour faire face à la difficulté, comme l’achat de fourrages ou une baisse provisoire de cheptel.
2 - Le second consiste à modifier ses pratiques en cours d’année pour corriger les effets de la sécheresse, un changement réversible, comme l’utilisation de surfaces peu pâturées en temps normal.
3 - Le troisième niveau est une modification du système d’exploitation de manière pérenne, comme des choix variétaux différents, de l’irrigation…
4 -  Le dernier, enfin, est celui de la rupture, avec un changement du système. Il peut conduire à s’orienter vers la vente directe en cas de baisse du cheptel. « Nous en sommes au début des recherches sur ce thème », pensent les agronomes, même s’il y a quelques pistes comme « favoriser la diversité des systèmes de cultures pour répartir les risques, ou créer de nouvelles ressources consommables (ex : cultures dérobées), distribuer du fourrage au pré… Il va falloir concevoir de nouveaux systèmes fourragers, plus sûrs, plus résilients, pour des exploitations plus durables. »

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