Le gigot reste le morceau préféré des Français

Laurence Geffroy* - Réussir Pâtre Janvier 2013

Le gigot reste le morceau préféré des Français
Les volumes par achat, en particulier le gigot, sont multipliés par trois pendant la semaine de Pâques. © CIV

Malgré des efforts de promotion pour des morceaux plus faciles à cuisiner, le gigot reste le morceau préféré des Français, avec 29 % des achats, d’après une étude de FranceAgriMer.

Faible consommation

Le gigot reste le morceau préféré des Français
© J.-C. Gutner

Gigot, côtes et épaules font la faveur des amateurs de viande ovine. Mais sur l’ensemble des viandes consommées, l’agneau ne représente que 5 % des volumes.

Comment enrayer la baisse de consommation de viande ovine en France ? FranceAgriMer a publié en juin 2012 une étude qui fait ressortir les principales difficultés rencontrées. Après avoir progressé de 150 000 tonnes en 1970 à 320 000 tonnes en 1990, la consommation d’agneau recule en effet à 213 000 tonnes en 2011. Et la part de l’agneau dans la consommation totale de viande passe de 5,9 % en 1990 à 3,9 % en 2011. En trois décennies, elle est ainsi passée de 5,5 kg à 3,3 kg équivalent carcasse par habitant, soit un recul de 40 %. Des résultats d’une autre étude menée en 2010 par le Credoc pendant sept jours auprès de 1 200 ménages, il ressort que seuls 16 % des adultes et 10 % des enfants avaient consommé de l’agneau au moins une fois au cours de la semaine.

1,2 kg par an par adulte

Cela signifie, d’après FranceAgriMer, que « la viande d’agneau est présente moins d’une fois par mois au menu d’un adulte et d’une fois sur deux mois consécutifs pour un enfant. » La consommation annuelle est estimée à 1,2 kg  par adulte et 400 grammes par enfant. Sur l’ensemble des viandes consommées, l’agneau ne représente que 5 % des volumes, la préférence allant aux viandes blanches puis à la viande bovine.
Le constat est alarmant. Les amateurs de viande ovine en achètent de moins en moins souvent dans l’année, avec 5,3 actes d’achat en 2 011 contre 5,8 en 2007. Et ils ont aussi réduit les quantités, avec 780 grammes contre 830 grammes par achat. Les traditions ont la vie dure car malgré les efforts de promotion de l’interprofession avec l’agneau presto, le gigot reste le morceau préféré des Français, avec 29 % des achats. Il est suivi des côtes (19 %), de l’épaule (15 %), puis des morceaux à griller (10 %) et des morceaux à bouillir (10 %). FranceAgriMer note que « les produits élaborés de viande ovine progressent peu et ne concernent que 3 % des volumes ». Même si, dans les hypermarchés, les ventes de barquettes augmentent et représentent 90 % des volumes aux dépens du rayon boucherie à la coupe.

Achats doublés à Pâques

Toujours selon la tradition, la période où l’agneau — et en particulier le gigot — est davantage sur la table des Français est la semaine de Pâques.
8000 tonnes ont été achetées pour cette fête en 2011. Pas de surprise donc, et peu d’évolution. Les achats des ménages doublent à cette occasion. Les volumes par achat augmentent également, ils sont multipliés par trois cette semaine-là. Concernant le lieu d’achat, les grandes et moyennes surfaces représentent 63 % des volumes, tandis que les bouchers en écoulent 21 %. 4 % sont vendus sur les marchés et 3 % en vente directe. Le hard discount concerne également 3 % des volumes.
En France, la consommation d’agneau est fortement régionalisée. C’est dans le Sud-Est qu’elle est la plus importante, car « historiquement, l’existence d’une production locale est à l’origine des traditions de consommation, agrémenté d’un pouvoir d’achat et une démographie qui contribuent à accroître cette situation », notent les auteurs. Après viennent le Sud-Ouest, la région parisienne, le Nord, l’Ouest, le Centre-Est, le Centre-Ouest et l’Est.
FranceAgriMer souligne que « le critère le plus discriminant sur l’achat de viande d’agneau concerne l’âge de la personne responsable du foyer. Les quantités achetées sont divisées par six entre un ménage de moins de 35 ans et un de plus de 65 ans. » Mais depuis 2007, même les ménages les plus âgés diminuent leurs quantités d’achat de façon très significative, -17 % en 2011. Toutes les catégories socioprofessionnelles sont touchées par cette baisse.

Communiquer explicitement

La France est le cinquième pays consommateur de viande ovine en Europe, derrière la Grèce avec 10,1 kg par an, Chypre avec 7,5 kg, le Royaume-Uni avec 4,8 kg et l’Irlande avec 3,5 kg. La chute de consommation se ressent également dans d’autres pays, avec - 20 % pour l’ensemble des pays de l’Union européenne. On note une baisse sensible en Irlande, Chypre, Grèce et Espagne. Par contre, elle s’est maintenue dans les pays de l’Est et du Nord.
D’après FranceAgriMer, iI semble « peu vraisemblable » que la consommation se développe prochainement en volume.
Néanmoins, concluent les auteurs, « il apparaît clairement un attachement traditionnel à la consommation d’agneau à Pâques puisque le nombre d’acheteurs double à cette occasion. Il est cependant modeste puisqu’il ne concerne que 12 % des ménages, mais peut-être faut-il communiquer explicitement sur cette période. »
 

Capture

* d’après les synthèses de FranceAgriMer

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 1

Caroline

Filière abandonnée par les pouvoirs publics depuis longtemps
Petite correction des inégalités en 2010 et maintenant ...
Un syndicat qui propose comme programme la renonciation à l'étiquetage électronique. Point Godwin atteint hier au journal de 13 h de france 2
Courage à tous

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires