Les allaitantes tirent profit du pâturage automnal

Laurence Sagot, Ciirpo et Denis Gautier, Institut de l’élevage - Réussir Pâtre Octobre 2012

Les allaitantes tirent profit du pâturage automnal
Brebis allaitantes dans un colza fourrager cultivé en dérobé. Le pâturage automnal peut être une solution pour pallier la flambée du prix des concentrés. © Ciirpo

La conduite à l’herbe des brebis allaitantes en automne permet une réduction des charges de cinq à vingt euros par agneau. Voici quelques conseils pour une bonne gestion, en zone herbagère, pastorale ou céréalière.

Pour en savoir plus

Les allaitantes tirent profit du pâturage automnal

Voir dossier de Réussir Pâtre d'octobre 2012. R. Pâtre n°597, p. 18 à 25.

En ce début d’automne 2012, les charges alimentaires sont au cœur de toutes les préoccupations. Le cours de tous les aliments flambe avec un tourteau de soja à 600 euros la tonne dans certaines régions. D’après l’Institut de l’élevage, l’indice des prix d’achat des moyens de production agricole atteint actuellement 150 pour les aliments achetés, soit le chiffre le plus élevé depuis la création de cet indicateur en 2005.
La réalisation des lactations d’automne à l’herbe fait partie du panel des solutions pour pallier la réduction des charges, au moins en partie. Selon des résultats d’essais réalisés en 2010 et 2011 sur six sites(1) de différentes zones de production ovine française, cette technique permet en effet de réaliser des économies importantes de concentré et de fourrage. Pour un mois et demi de lactation réalisée à l’herbe — les trois premières semaines ayant lieu en bergerie — les besoins sont en effet réduits de 40 kg de concentré et 150 kg de fourrage par couple brebis/agneau.
En fin d’été et en début d’automne, l’herbe pâturée suffit à couvrir l’appétit des animaux à forts besoins, seulement si quatre conditions sont remplies. En premier, l’herbe doit être en quantité suffisante et cette dernière étant liée à la pluviométrie estivale, cette condition reste le principal facteur limitant. Dans le Montmorillonnais par exemple, les étés sont traditionnellement secs et l’herbe se fait rare en août et en septembre. Ensuite, qu’elle soit le support de prairies permanentes, temporaires ou bien de couverts végétaux, la végétation doit également être suffisamment pourvue en légumineuses.

Une pratique qui ne s’improvise pas

Jean-Louis Vergne, de l’exploitation des Vaseix à l’EPL de Limoges et du Nord Haute-Vienne (87) explique que sur son site : « les prairies de courtes et moyennes durées, toutes riches en trèfles, sont réservées pour les lactations d’automne. Des mélanges de ray-grass hybride et trèfle violet ou bien de fétuque, dactyle, trèfles blanc et violet sont pâturés ». La période d’agnelage revêt également une importance particulière. Quel que soit le type de couverts, on peut en général compter sur un pâturage jusqu’au 1er novembre. En effet, les disponibilités en herbe sur prairies diminuent rapidement avec l’arrivée des températures froides. Quant aux couverts végétaux, ils sont composés de variétés qui craignent le gel et il est impératif de les pâturer avant les premières gelées ou bien dans certains cas, avant l’implantation de la culture suivante. Ainsi, des agnelages du 15 août au 10 septembre sont nécessaires pour assurer au moins un mois et demi de lactation à l’herbe.
Enfin, la réussite de cette technique passe avant tout par des brebis à bon potentiel laitier. Ce qui est vrai en bergerie l’est davantage à l’herbe. Les agneaux à problèmes et manquant de lait sont encore plus pénalisés avec une conduite à l’herbe. Selon Laurent Solas, de la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire, « les agneaux dont la croissance pendant les trois premières semaines de vie est inférieure à 150 grammes par jour doivent rester en bergerie avec leur mère ». 

 
(1) Cette étude a été menée en 2010 et 2011 sur plusieurs sites : l’EPL de Limoges et du Nord Haute-Vienne sur les sites de Magnac-Laval et des Vaseix (87), l’EPLEFPA de Montmorillon (86) et de Mirecourt (88), la ferme expérimentale de Carmejane (04), le pôle régional ovin de Charolles (71).

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