Les Brésiliens reconnaissent le roquefort

Bernard Griffoul - Réussir Pâtre Mai 2013

Les Brésiliens reconnaissent le roquefort
De plus en plus de pays acceptent l’indication géographique protégée. © M. Dulherme/Confédération générale du roquefort

Le roquefort est désormais reconnu en qualité d’indication géographique au Brésil. Ce qui permettra de mieux lutter contre les usurpations sur un marché qui semble prometteur.

Le roi des fromages peut danser la samba. Début février, au terme de plus de quinze ans de procédures administratives, l’institut brésilien de la propriété industrielle a reconnu l’AOP roquefort au titre des indications géographiques. Hors de l’Union européenne, les fromages d’appellations sont protégés par des accords bilatéraux ou par des conventions internationales.

Les Bric, des pays clés

Le Brésil applique notamment l’accord de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC). Cet accord impose l’obligation de protéger les indications géographiques. Mais, encore, fallait-il que le roquefort soit reconnu en tant que tel. C’est désormais chose faite. « Cette décision est très positive », assure Marie Verdaguer, directrice de la Confédération générale de roquefort.
Cette reconnaissance officielle facilitera la lutte contre les usurpations commerciales par des fromages de « type roquefort », nombreuses en Amérique du Sud. « Nous travaillons de concert avec l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) et l’Inpi (Institut national de la propriété industrielle) pour que cessent ces usurpations en nous appuyant sur cette reconnaissance », détaille Marie Verdaguer. Le marché brésilien est encore modeste — trois tonnes par an — mais il est le deuxième d’Amérique latine (après le Mexique : six tonnes) et certainement en devenir. Tout comme la Chine — une tonne par an — qui a également reconnu l’indication géographique roquefort en décembre dernier. « Dans les Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine), la demande pour les produits occidentaux ne cesse d’augmenter, poursuit la directrice de l’ODG. Le développement de ces marchés va de pair avec l’accroissement de la notoriété, qui a pour corollaire direct, la montée des usurpations. Pour développer le marché du roquefort dans ces pays clés, nous devons mener simultanément une stratégie de reconnaissance et de protection. »
À terme, le roquefort devrait également bénéficier d’une protection en Amérique centrale dans le cadre d’un projet d’accord commercial en discussion avec l’Union européenne depuis janvier dernier.

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