Les huiles essentielles posent soucis lors d’un contrôle

Damien Hardy - Réussir Pâtre Avril 2014

Les huiles essentielles posent soucis lors d’un contrôle
L’utilisation d’huiles essentielles à des fins thérapeutiques est soumise à prescription après examen par un vétérinaire. © D. Hardy

Lors d’un contrôle chez une éleveuse bio de la Drôme, l’administration d’huiles essentielles dans le troupeau a été pointée du doigt.

En août dernier, un contrôle conditionnalité de la DDPP chez une éleveuse de brebis laitières bio de la Drôme, a abouti à un rappel réglementaire pour l’utilisation d’huiles essentielles sans autorisation de mises sur le marché. « L’utilisation d’huiles essentielles à des fins thérapeutiques est soumise à prescription après examen par un vétérinaire » indique aussi le courrier reçu par l’éleveuse qui a alerté la Confédération paysanne de son département. Cette inquiétude sur l’utilisation des huiles essentielles est renforcée par une note de l’Anses qui rappelait fin août que « l’usage de produits à base de plantes dans le cadre de médecines alternatives (…) entraîne de facto la classification de statut de médicament vétérinaire pour ces produits. (…) Elles ne peuvent en aucun cas être utilisées directement par les détenteurs d’animaux dans le cadre d’automédication ». Pour Sylvie Dartois de l’Institut technique de l’agriculture biologique, « cette note interroge le monde de la bio qui privilégie le préventif sur le curatif et le naturel sur le chimique ».
Cependant, pour Nathalie Guerson, la directrice de la protection des populations de la Drôme, « l’État encourage les alternatives aux antibiotiques mais avec des produits autorisés et sous le contrôle d’un vétérinaire. Quand il traite un animal suite à un problème sanitaire, l’éleveur doit pouvoir prouver qu’il a utilisé un produit avec une AMM et avec une ordonnance. La prescription d’un protocole de soin peut aussi être établi dans le cadre du bilan sanitaire d’élevage ».

Faire évoluer la réglementation

Pour éviter les résidus, cette utilisation impose souvent un délai d’attente pour le lait et la viande. Pour Gilles Grosmond du Comptoir des plantes médicinales, « il est également possible d’utiliser des suppléments nutritionnels à base de plantes mais ce ne sont ni des soins ni des traitements, ce sont des produits qui aident à l’équilibre et au bien-être des animaux ». En attendant, Sandrine Lizaga, l’éleveuse de la Drôme, veut faire évoluer « cette règlementation excessive et absurde ». « C’est dommage car c’est vraiment efficace » regrette-t-elle en citant l’efficacité de l’huile essentielle de thym pour soigner les diarrhées des agneaux ou les petites plaies.

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Commentaires 8

osier277

Pour une fois que je peux soutenir du bio sans réserve...Par ailleurs , nous serions plutôt poussés à nous soigner par nous même,mais pour les animaux...halte : "Cependant, pour Nathalie Guerson, la directrice de la protection des populations de la Drôme, « l’État encourage les alternatives aux antibiotiques mais avec des produits autorisés et sous le contrôle d’un vétérinaire" ...alors que nous nous soignons bien souvent sans médecin, pour pas mal de petites "bricoles".

on ira ..

une idée creuser : que chaque agriculteur , eleveur etc ait en permanence des cameras sur lui (comme A de maximy dans l'emission j'irai dormir chez vous ) ainsi avec date et heure on pourrait encore mieux controler ...

narthex

@gigi45: vous dites:"Affirmation parfaitement gratuite et à prouver sur la durée de rémanence des molécules de synthèse "
voici quelques sources que vous ne pourrez pas taxer d'être pro bio: http://www.pleinchamp.com/grandes-cultures/actualites/qualite-de-l-eau-en-france-presence-generalisee-des-pesticides-dans-les-milieux-aquatiques
http://www.pleinchamp.com/actualites-generales/actualites/la-contamination-par-les-pesticides-des-cours-d-eau-est-quasi-generalisee
Si on retrouve des molécules de synthèse dans l'eau, c'est que ces molécules durent suffisamment pour cela....de quelques jours à plusieurs décennies.....Certes ces articles ne prouvent rien...mais les affirmations que vous avancez, reste, dans votre intervention ,sans preuve.....
En plus de cela vous vous plaisez , comme d'habitude à généraliser: ",les militants du bio", bien sur tous ces militants pensent et disent la même chose? C'est comme si moi j'affirmais que tous les conventionnels sont des pollueurs....affirmation dont me garderais bien.

Phil

Mon Dieu, dire que parfois nous utilisons en voie orale une huile avec de l'origan marjolaine pour la diarrhée des agneaux. Vite, planquons le flacon et veillons à toujours avoir bien en évidence un flacon de colistine (antibiotique), délivré sur ordonnance, pour rassurer Mme la Directrice de la DDP de la Drôme.

gigi45

à Narthex,Affirmation parfaitement gratuite et à prouver sur la durée de rémanence des molécules de synthèse ( les POP sont aujourd'hui interdits). Au moment de l'application, on se moque de la rémanence et l'exposition de l'applicateur à un insecticide neurotoxique, même naturel est tout aussi problématique.
Je ne suis pas pour la surèglementation, mais je constate simplement que selon qu'un produit phyto a l'étiquette naturelle, ou de synthèse ,les militants du bio ont une conception à géométrie variable de la sécurité alimentaire.
Les plantes synthétisent une multitude de molécules pour se défendre des agressions et ces molécules quand on les teste sur des rats se révèlent à 50 % CMR! et les quantités ingérées sont bien supérieures aux quelques résidus phyto présents dans l'alimentation.
Une vérité qui dérange !!!

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