« Les Ovinpiades ont gagné leur pari auprès des jeunes »

Propos recueillis par Laurence Geffroy - Réussir Pâtre Octobre 2013

« Les Ovinpiades ont gagné leur pari auprès des jeunes »
Rhydian Thomas du Pays de Galles (au centre) est le meilleur jeune berger européen 2013, devant le Français Clément Puech de Rodez (à gauche) du lycée agricole de Brioude Bonnefont (43). © L. Geffroy

Lors du salon Tech-Ovin le 4 septembre, l’interprofession a accueilli les participants des Ovinpiades européennes à Bellac et remis le trophée gagnant à un jeune Gallois.

.  Les Ovinpiades européennes ont accueilli quinze jeunes en compétition pour sa cinquième édition. En lançant cette action devenue l’événement phare de la reconquête ovine, vous doutiez-vous que cela prendrait une telle ampleur ?

Emmanuel Coste – « Non, l’idée des Ovinpiades est venue en 2001 après la crise de la fièvre aphteuse au Royaume-Uni. L’aval s’est réveillé car il y avait un risque de manquer d’agneaux. Et il fallait faire quelque chose face à la population vieillissante des éleveurs ovins. Cela a commencé en France. Les professeurs de zootechnie se sont mobilisés dans les lycées et ont suivi la filière en organisant ce concours réservé aux jeunes. Ensuite, le succès grandissant de l’édition nationale a permis au concept de s’étendre. Nous avons noué de plus en plus de contacts avec des pays voisins, comme l’Allemagne, la Hongrie cette année, et bientôt la Roumanie qui devrait nous rejoindre. Les associations de races participent également à cet effort de communication auprès des élèves. »

. Comment expliquez-vous cette adhésion de l’enseignement agricole ?

E. C. – « Cela correspond à un besoin des encadrants et des éleveurs pour faire reconnaître leur métier par le biais d’épreuves techniques : tri des agneaux, parage des onglons, parcours en quad, utilisation d’un parc de tri… Le succès des Ovinpiades fait boule de neige. Les chefs d’exploitations maintiennent les troupes ovines dans les lycées, les professionnels viennent davantage parler de leur métier dans les classes. Des certificats de spécialisation ovin sont nés en 2013 grâce à cette action. Nous pouvons ainsi conforter l’ovin à l’intérieur du programme éducatif français. Notre prochain défi est d’aller chercher les hors cadres familiaux et de frapper à la porte de l’Education nationale et du Pôle emploi. Mais c’est plus difficile. »

.  Les Ovinpiades mondiales se dérouleront en 2014 lors du Sommet de l’élevage. La finale européenne à Bellac était donc un avant-goût de ce qui attend les jeunes l’an prochain ?

E. C. – « La France accueillera en effet les deuxièmes Ovinpiades mondiales, après la Nouvelle-Zélande en 2011. Nous avons créé une association internationale qui favorise les échanges et la formation des jeunes, en plus de l’association France Europea qui promeut déjà les échanges au niveau européen. Nous espérons pouvoir alterner cette compétition tous les trois ans entre l’hémisphère sud et l’hémisphère nord. Pour les élèves des lycées, ces épreuves permettront la découverte des relations humaines et une ouverture au monde. »

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