Les ovins entretiennent les paysages

Laurence Geffroy - Réussir Pâtre Janvier 2012

Les ovins entretiennent les paysages
Des troupes ovines, comme ici aux Pays-Bas, sont parfois utilisées pour améliorer la biodiversité d’un site naturel. © L. Geffroy

Quand la production de lait, de viande ou de laine n’est plus la finalité d’une troupe ovine. Quelques exemples en France et à l’étranger.

Pour en savoir plus

Les ovins entretiennent les paysages

Les éleveurs peuvent être partenaires de tels projets, mais ils peuvent aussi en devenir les instigateurs. Pour en savoir plus, voir dossier de Réussir Pâtre de janvier 2012. Pâtre n°590, p. 14 à 21.

A l’heure où la politique agricole commune (PAC) « verdit » et où les éleveurs prennent de plus en plus en compte l’aspect environnemental pour la conduite de leurs troupeaux, c’est l’occasion de rappeler qu’en France et dans le monde, le mouton peut être un outil utilisé à d’autres fins que la production de laine, de viande ou de fromage.

Davantage de variétés

Il peut en effet rendre de grands services en matière de protection de sites naturels, et contribuer à maintenir la biodiversité floristique et faunistique. On ne pourra donc que regretter les récentes campagnes anti-viande qui affirment que la viande d’agneau est la plus polluante !(1) C’est sans tenir compte de la capacité des ovins à façonner les paysages. Sur certains terrains très difficiles, en montagne par exemple, ce sont même les seuls animaux de rente à pouvoir pâturer et donc lutter contre l’enfrichement des terres. Il est temps que la protection de l’environnement, la notion d’agriculture durable, soient mises en avant par les producteurs ovins, car c’est ce qu’ils pratiquent sans le dire trop fort depuis des décennies.

Quel rôle dans le « verdissement » ?

Parfois, la démarche va encore plus loin. La production d’agneaux dans un troupeau peut devenir secondaire. Il s’agit de cas extrêmes bien sûr, mais en même temps ce sont de bons exemples du rôle que peut tenir le mouton dans le « verdissement » de notre société. Bien entendu, il ne s’agit pas là de simples « tondeuses à gazon », présentes sur tout notre territoire depuis des lustres, avec deux-trois moutons par-ci par-là, mais bel et bien de projets économiques (ou écologiques dans le cas de sites naturels) pour maintenir une biodiversité parfois en péril, avec un troupeau conséquent et une rémunération intéressante pour ce service rendu. Les éleveurs peuvent être partenaires de tels projets, mais ils peuvent aussi en devenir les instigateurs.
Des collectivités locales ou des associations ayant en charge l’entretien d’un site naturel peuvent ainsi faire appel à une troupe ovine. A l’étranger, ce sont même parfois des entreprises paysagistes qui investissent dans l’achat de brebis afin de les utiliser à la seul fin d’entretenir des espaces privés ou publics. Un Francilien s’est aussi récemment lancé dans ce business, devenant ainsi le seul éleveur ovin de Seine-Saint-Denis.

(1) Annonce en juillet 2011 de l’EWG, organisation environnementale américaine, qui a calculé l’impact des aliments sur les émissions de CO2.

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