Les Texel britanniques séduisent les éleveurs français

Laurence Geffroy - Réussir Pâtre Novembre 2011

Vente de jeunes reproducteurs Texel en Ecosse. (DR)
Une société privée gère les enchères lors de la vente des animaux.

Lors d’un voyage d’études, des éleveurs de Texel ont pu échanger avec des homologues britanniques sur une race bouchère appréciée outre-Manche.

L’organisme de sélection ovine nord (Oson) a organisé en août dernier un voyage en Écosse pour dix-huit de ses membres, principalement des éleveurs sélectionneurs de la race Texel. Ils ont assisté à une vente annuelle de jeunes reproducteurs Texel britanniques à Lanark. Celle-ci se déroule aux enchères, avec un prix moyen de vente de 2 345 livres (2 700 euros) par animal.
Cette année, 677 animaux étaient proposés à la vente, mais seulement la moitié a trouvé preneurs. Une société privée est chargée de gérer les enchères pour une commission équivalente à 5 % du prix de vente. Lors de la déclaration des animaux, un contrat est établi entre cette société et l’éleveur, avec un engagement pour la présence de l’animal le jour de la vente. Le vendeur peut fixer un prix de retrait. Chacun peut présenter trois à sept animaux. « Pour le spectateur non initié, il est difficile de saisir toutes les subtilités de la vente et savoir si l’animal est vraiment vendu » note Yves Lemaire, directeur d’Oson.

15 à 60 euros la dose de semence

Lors des enchères, ce n’est pas le pound qui est utilisé mais le guinée, ancienne monnaie britannique remplacée en 1816 mais encore utilisée dans certaines transactions agricoles. Le record de 46 000 guinées a été battu pour un agneau acheté par quatre éleveurs qui vont prélever sa semence. En Ecosse, les animaux sont estimés facultativement avec le logiciel Sygnet, équivalent d’Ovall pour le contrôle de performances. Cela donne un index qui n’a qu’une valeur intra-troupeaux. Pour les britanniques, d’autres paramètres entrent en compte, comme le prix d’achat des parents, par exemple.
Les éleveurs français se sont montrés intéressés par l’achat de reproducteurs et de semence de Texels britanniques, afin d’évaluer les forces et faiblesses de cette génétique. Un mâle a été acheté au prix de 1 260 guinées, ainsi que quelques doses. « Mais l’objectif est d’investir plus lors de la prochaine campagne, idéalement trois mâles et 200 doses », explique Yves Lemaire. La dose de semence a un coût de 15 à 60 euros.
Au Royaume-Uni, les sélectionneurs Texel possèdent chacun peu d’animaux, 45 en moyenne. Le pays compte 2 000 détenteurs de femelles. L’orientation de la sélection est tournée vers un type conformé, riche en viande, dont la finalité est le croisement terminal.
Les membres d’Oson ont pu vérifier sur le terrain les origines françaises des troupeaux britanniques. Les dernières importations massives datent de 1979. Depuis, la race a subi l’influence du Texel type Hollandais, voir Belge.
L’élevage est structuré de façon pyramidale. Des élevages très réputés vendent leurs reproducteurs males et femelles aux enchères à d’autres sélectionneurs qui vendent aux éleveurs pour du croisement terminal.

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