Moins d’inséminations en production caprine à cause de la crise

Damien Hardy - Réussir La Chèvre Mai-Juin 2012

Moins d’inséminations en production caprine à cause de la crise
Insémination artificielle d'une chèvre. © D. Hardy

Les difficultés financières dans les élevages ont entraîné l’an dernier une baisse des inséminations. Pourtant, la génétique améliore la productivité du troupeau et la conformation des animaux.

Chiffres clés 2011

. 702 éleveurs dans la base de sélection
.  168 644 chèvres dans la base de sélection
.  77 429 inséminations réalisées
.  28 905 femelles pointées pour l’évaluation morphologique

Avec un peu plus de 77 000 chèvres inséminées en 2011, l’insémination animale (IA) caprine a connu l’an dernier une baisse d’activité de près de 6 % par rapport à 2010. En cause, « la crise sans précédent que la filière caprine traverse », décrit François Perrin, en présidant l’assemblée générale de Capgenes le 25 avril dernier à Albi (Tarn). Cette diminution du nombre d’IA a été observée sur la quasi-totalité du territoire. Les élevages connaissant des difficultés financières ont préféré faire l’impasse sur l’investissement génétique. « Pourtant, c’est bien là la difficulté de la génétique ; c’est un investissement à long terme mais financé avec de la trésorerie », regrette François Perrin, qui recommande de continuer à inséminer « quitte à en faire un peu moins quand ça va mal ». En arrêtant les inséminations, le risque est de perdre de la connexion avec les autres élevages et donc d’avoir des index moins précis. Le risque est surtout de profiter moins vite du progrès génétique estimé à un gain de dix kilos de lait et de 0,12 gramme de taux par an.

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Les cracks de leur génération

Malgré ce coup de mou dans l’activité de mise en place, Capgenes poursuit activement la production de semence. Pour la série F, rentrée en station en 2010, la sélection a été rude. Sur les 180 bouquillons de départ, seuls 73 boucs ont été jusqu’à la phase de testage. La présence de Caev, le comportement sexuel pas assez marqué ou une qualité spermatique qui ne permet pas la congélation ont éliminé près de 60 % des candidats d’origine. Pour limiter l’élimination des boucs au testage à cause du Caev, Capgenes va prochainement tester la transplantation embryonnaire en routine. L’idée étant d’implanter des fœtus de mâles génétiquement intéressants dans des femelles indemnes de Caev.
Des recherches sont également en cours avec l’Inra pour améliorer la congélation du sperme. En attendant, « le nombre de boucs entrés en station pour la série G a fortement augmenté pour répondre aux exigences sanitaires et permettre la mise en testage de 80 mâles », explique Pierre Martin, le responsable technique de l’organisme et entreprise de sélection. Les critères de sélection étant amenés à se multiplier (production, morphologie, cellules et demain débit de traite, résistance à la tremblante…), il est important de garder un grand nombre d’animaux pour conserver de la variabilité génétique. Les jeunes boucs de la série G rentrés en station en 2011 présentent un ICC moyen de 6,1 en Alpines et 6,5 en Saanen. Des cracks de leur génération qui semblent prometteurs.

Toison, viande et export

Capgenes étant l’organisme de sélection de toutes les races caprines reconnues par le ministère de l’Agriculture, il ne s’intéresse pas qu’aux Alpines et aux Saanen. Pour la race Angora par exemple, Capgenes a développé un programme de sélection génétique avec 35 éleveurs adhérents qui pèsent et analysent leurs tontes de laine mohair. Une étude sur le lien entre le tour de poitrine et la qualité des toisons est actuellement en cours.
Depuis la reconnaissance officielle en France des races Boer et Péi à l’automne dernier, Capgenes développe des programmes génétiques sur les races à viande. En plaçant huit boucs de race bouchère en production de semence, Capgenes espère proposer rapidement une offre pour la France et surtout pour l’export.
À l’export, Capgenes, qui se dit leader mondial de la génétique laitière caprine, a exporté plus de 16 000 semences et plus de mille animaux en 2011. Mais pour 2012, la menace du virus Schmallenberg plane et certains pays risquent de fermer leurs frontières. « Cela prendra beaucoup d’énergie pour rouvrir ces frontières une par une », grimace François Perrin.

« Notre petite structure a produit du progrès depuis 20 ans, se félicitait François Perrin. Mais nous avons fourni des efforts en recherche et développement, actuellement 8 % du budget de l’entreprise de sélection, en profitant de la mutualisation avec d’autres espèces. » Actuellement, Capgenes mène plusieurs projets scientifiques, souvent en partenariat avec l’Inra, notamment sur des alternatives au programme de synchronisation hormonale (FlockReprod) et sur la génomique (Genomcap et Phénofinlait).
Capgenes espère aussi, à court terme, prendre en compte de nouveaux critères dans l’objectif de sélection : produire du lait sain, améliorer la vitesse de traite, maîtriser la santé des animaux… « Mais tout ceci n’est possible que si nous disposons d’une base de sélection suffisamment solide et d’une diffusion par insémination la plus large possible », concluait le président.

Plus d’infos sur www.capgenes.com

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