Montmorillon : L'Alliance Pastorale cultive sa proximité avec l'élevage ovin

Laurence Geffroy

Le coeur de l'Alliance Pastorale est dans la Vienne, où les grands troupeaux ovins conduits en plein air dominent. Rencontre avec une institution.

Aujourd'hui, l'Alliance Pastorale - une institution pour le Centre-Ouest de la France - compte 28 000 adhérents en production ovine, bovine, caprine et équine. Sur son site Internet, 6 000 produits sont disponibles à la vente, ce qui représente un tiers du chiffre d'affaires de la coopérative. Sur tout le territoire, l'Alliance dispose d'une dizaine de magasins (ou centres d'élevage). « Dans certaines régions où la densité ovine est faible, les éleveurs n'ont pas à leur disposition de structures avec du conseil. L'Alliance Pastorale essaie de les aider avec les analyses, l'équipement » explique son directeur, Olivier de La Rochethulon.

Un microscope acheté en commun

Mais le coeur de l'Alliance est bien dans la Vienne, en Poitou-Charentes, où la coopérative cultive sa proximité avec le monde de l'élevage. Si la réforme de la PAC à mi-parcours redonne un peu d'espoir dans cette région, « l'âge des éleveurs pose problème. Les installations sont difficiles à cause du foncier. Le scénario le plus fréquent, c'est un voisin mixte qui reprend l'exploitation ovine et qui laisse les brebis. On redorera le blason de l'ovin si les éleveurs gagnent mieux leur vie. Contrairement aux idées reçues, cela ne demande pas plus de travail que d'autres productions. L'attrait est lié à la rentabilité et non à la pénibilité » analyse Olivier de La Rochethulon.
En 1933, l'élevage ovin extensif n'existait pas encore sur le territoire français. Des éleveurs du Montmorillonnais, de retour de Patagonie (Argentine) où l'élevage ovin spécialisé s'est développé depuis la fin du xixe siècle, décident de reproduire dans les grandes zones herbagères défavorisées de la Vienne les pratiques d'élevage en plein air qu'ils ont connues en Amérique du Sud, sans surveillance au pré, ce qui limite la main d'oeuvre. Mais rapidement, ces pionniers rencontrent des problèmes de clôture et de parasitisme dus à cette technique d'élevage et à un climat humide qui favorise les pathologies.

Pérenniser les élevages

Appuyés par des spécialistes anglais, ils commencent à réaliser des analyses coprologiques avec l'aide d'un microscope acheté en commun et expérimentent les clôtures à six fils lisses utilisées en Patagonie. C'est à ce moment-là que démarre l'histoire de l'Alliance Pastorale. Trente ans plus tard, en 1966, les enfants et petits-enfants de ces éleveurs ont continué et relancé la structure. Ils créent une école de bergers pour former de la main d'oeuvre puis lancent l'union des foires du centre-ouest, le groupement Poitou Ovin… Ces visionnaires pensaient qu'il fallait se structurer pour pérenniser les élevages. Un précepte qui est toujours valable aujourd'hui.

Source Réussir Pâtre Août-Septembre 2010

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires