Outre-Atlantique : L'expérience du Québec sur l'identification électronique

Anne Dazet

Linda Marchand, directrice d'Agri-Traçabilité Québec, qui a mis en place l'identification électronique dans cette province du Canada, témoigne de son expérience auprès des éleveurs français.

A l'occasion de Tech Ovin, l'Institut de l'élevage, la Fédération nationale ovine et l'Apca avaient convié pour une conférence Linda Marchand, directrice générale d'Agri-Traçabilité Québec (ATQ). Cette structure a mis en place et gère l'identification électronique multi espèces et la traçabilité dans cette province francophone. 2400 éleveurs ovins, 17 000 éleveurs de bovins, 27 000 sites de passage, plus de 8 millions d'identifiants et 33 millions d'évènements ont déjà été saisis depuis sa création. Le système est conçu de façon à ce que l'identification permanente des animaux serve la traçabilité nécessaire à la protection de la santé humaine et animale ainsi qu'à une éventuelle gestion de crise.

Linda Marchand, directrice générale d'Agri-Traçabilité Québec (ATQ) est venue à Tech Ovin expliquer la mise en place de l'identification électronique sur le terrain. (R. Boily)

Linda Marchand, directrice générale d'Agri-Traçabilité Québec (ATQ) est venue à Tech Ovin expliquer la mise en place de l'identification électronique sur le terrain. (R. Boily)

Agriculteurs du Québec favorables

Pour ce faire, exploitants agricoles, transporteurs, marchés, abatteurs et institutionnels se sont mis autour d'une table. « Il est fondamental que tous les acteurs de la filière participent à la mise en place du système, afin que chacun y trouve son intérêt et qu'il soit utilisable dans les différents environnements » explique Linda Marchand.
Au Québec, les agriculteurs étaient plutôt favorables à condition que cela réduise la paperasse. Les marchés, eux, n'étaient pas très enthousiastes. Après cinq ans d'utilisation et plusieurs améliorations, le pari est gagné, les gens se sont convertis à cet outil qui réduit les contestations relatives aux pesées, mais surtout, à un système qui assure aux éleveurs de recevoir le paiement associé au bon animal lors d'une vente ou d'un abattage. Chaque ovin doit être identifié dans les 30 jours qui suivent sa naissance par un numéro ISO à 15 chiffres. Chaque mouvement, même au sein de deux bâtiments d'une même exploitation est enregistré dans la base de données. Les sites de provenance et de destination doivent saisir les sorties et arrivées d'animaux. Cette double saisie permet de limiter les erreurs : boucle sale, oubli, mauvaise transcription… « Pour la majorité des sites où beaucoup d'animaux circulent, les données nous sont transmises par Internet ce qui fait qu'un grand nombre d'opérations sont enregistrées en temps réel, cela donne de la valeur à notre système » précise-t-elle.

Au Québec, chaque mouvent d'ovin est enregistré dans la base de données. (DR)

Au Québec, chaque mouvent d'ovin est enregistré dans la base de données. (DR)

 

Réduction de la paperasse

Pour préserver la confidentialité, les différents acteurs et sites sont identifiés par des numéros. Pour les acteurs les moins équipés, un logiciel simplifié et gratuit est mis à disposition. La paperasse est nettement réduite à tous les niveaux de la filière. Puisque l'obligation légale ne porte que sur la saisie des informations, leur stockage est assuré par ATQ et seuls ceux qui désirent les mettre à profit, peuvent les transférer vers des logiciels de gestion à d'autres fins : suivi d'exploitation, suivi génétique, assurance, filière qualité… Au départ, le gouvernement québécois a accompagné les intervenants dans leurs démarches liés à l'automatisation et a financé partiellement ces outils (achat d'antennes de lecture, modification aux systèmes informatiques). ATQ collabore aussi à la recherche et au développement puisqu'il teste le matériel d'identification, les lecteurs de puces et certains logiciels en condition réelle et en vérifie la compatibilité avec le système. Linda Marchand conclue : « La traçabilité qui découle de l'identification est une valeur ajoutée pour les acteurs de la filière. » Le système a d'ailleurs déjà démontré son intérêt en temps de crise, puisque lors des embargos dus à l'ESB, le Québec a pu précisément justifier de la date de naissance de ses animaux et être dans les premiers à réexporter en 2005.

Pour préserver la confidentialité, les différents acteurs et sites sont identifiés par des numéros. Pour les acteurs les moins équipés, un logiciel simplifié et gratuit est mis à disposition. La paperasse est nettement réduite à tous les niveaux de la filière. Puisque l'obligation légale ne porte que sur la saisie des informations, leur stockage est assuré par ATQ et seuls ceux qui désirent les mettre à profit, peuvent les transférer vers des logiciels de gestion à d'autres fins : suivi d'exploitation, suivi génétique, assurance, filière qualité… Au départ, le gouvernement québécois a accompagné les intervenants dans leurs démarches liés à l'automatisation et a financé partiellement ces outils (achat d'antennes de lecture, modification aux systèmes informatiques). ATQ collabore aussi à la recherche et au développement puisqu'il teste le matériel d'identification, les lecteurs de puces et certains logiciels en condition réelle et en vérifie la compatibilité avec le système. Linda Marchand conclue : « La traçabilité qui découle de l'identification est une valeur ajoutée pour les acteurs de la filière. » Le système a d'ailleurs déjà démontré son intérêt en temps de crise, puisque lors des embargos dus à l'ESB, le Québec a pu précisément justifier de la date de naissance de ses animaux et être dans les premiers à réexporter en 2005.

Source Réussir Pâtre Octobre 2009

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires