PAC : L'unité franco-allemande nécessaire pour l'après-2013

Laurence Geffroy

Après avoir détaillé le budget, la Commission européenne fera début octobre une proposition pour l'après-2013. La France et l'Allemagne parlent d'une même voix.

Les Parlements des deux premiers pays bénéficiaires de la politique agricole commune, la France (9,5 milliards d'euros) et l'Allemagne (6,5 milliards d'euros), ont signé un accord en février dernier, plaidant en faveur du maintien d'une PAC forte et juste, pour une agriculture compétitive et orientée vers le marché, assurant le dynamisme des territoires et favorisant la contribution positive de l'agriculture à la protection de l'environnement.
« On doit composer avec la position des pays de l'Est qui veulent leur part du gâteau et celle de la Grande-Bretagne qui dit qu'on n'a pas besoin de tout cet argent pour la politique agricole. Il nous faut donc trouver des alliés et la France l'est pour cette question. Pour nous, cette position commune est importante », admet Johannes Remmel, ministre « vert » de l'Agriculture du Land de Rhénanie du Nord Westphalie (land le plus peuplé des 16 que compte l'Allemagne et en majeure partie agricole avec 52 % du territoire), interrogé lors du congrès annuel de l'Afja (association française des journalistes agricoles) qui s'est déroulé à Cologne et Bonn en juin dernier.
Le « verdissement » annoncé de la PAC est bien vu du côté allemand, où les agriculteurs ont déjà investi dans les énergies renouvelables depuis quelques années, avec 5000 exploitations d'élevage concernées.
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a récemment déclaré qu'il fallait faire un effort important dans le budget de l'Union européenne en faveur des énergies renouvelables, alors que l'Allemagne annonçait sa décision de sortir du nucléaire.

Johannes Remmel, ministre allemand « vert » de l'Agriculture du Land de Rhénanie du Nord Westphalie (à droite) et Friedhelm Decker du DBV, principal syndicat agricole allemand. (L. Geffroy)

Johannes Remmel, ministre allemand « vert » de l'Agriculture du Land de Rhénanie du Nord Westphalie (à droite) et Friedhelm Decker du DBV, principal syndicat agricole allemand. (L. Geffroy)

Vers le « verdissement » de la PAC

Avec la méthanisation, l'éolien ou le photovoltaïque, les éleveurs allemands sont de grands producteurs d'énergie. En biogaz, l'Allemagne bénéficie du tarif de rachat le plus élevé de l'Union européenne, avec un prix garanti par l'État pour 20 ans. Et la production d'énergie photovoltaïque a connu un tel essor, qu'il est rare d'y voir des bâtiments d'élevage sans panneaux solaires sur leurs toits. La France pourra-t-elle suivre son voisin ?
Pour le ministre allemand, il est évident que « les agriculteurs qui s'engagent dans la gestion des paysages et des énergies renouvelables doivent être récompensés », tout en veillant au « risque de concurrence vis-à-vis des surfaces ».
Il encourage également l'agriculture de proximité, en faisant la promotion des produits régionaux. « Les enfants, que ce soit à l'école ou à la maison, doivent apprécier la qualité des denrées alimentaires qu'ils consomment. La compétitivité passe par l'éducation du consommateur », pense-t-il.
Outre-Rhin, seuls 11 % du budget des familles est consacré à l'alimentation, il y a donc une marge pour les agriculteurs qui se lancent volontiers dans la vente directe et l'ouverture de cafés ou restaurants. Les éleveurs allemands savent rebondir, car ce sont d'abord des entrepreneurs.

 

Source Réussir Pâtre Août-Septembre 2011

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