Paca : Comment économiser l'énergie en fromagerie

Damien Hardy-Réussir Pâtre

Le pôle fermier d'Actilait a accueilli les cinquièmes rencontres du fromage fermier à Carmejane, avec comme thème principal la consommation d'énergie.

Le 16 octobre dernier, environ 200 techniciens et fromagers fermiers ont pu s'informer et débattre des dernières avancées techniques en fromageries fermières, au lycée agricole de Carmejane, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Les ateliers abordaient différents thèmes, comme la diversité des écosystèmes microbiens, l'analyse sensorielle des fromages ou l'alimentation protéique. La Frecap s'est penchée sur les consommations d'eau et d'électricité en enquêtant chez des fromagers fermiers du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence et en testant différentes hypothèses sur un logiciel de simulation thermique. Les élevages enquêtés utilisent en moyenne 270 m3 d'eau par an pour l'abreuvement d'une cinquantaine d'animaux et la transformation de 26 000 litres de lait. Cela représente environ 10 litres d'eau par litre de lait transformé, soit un coût évalué à 950 euros par an.

Une enquête auprès de 21 fromagers a montré qu'ils utilisent environ dix litres d'eau par litre de lait transformé. (D. Hardy)

Une enquête auprès de 21 fromagers a montré qu'ils utilisent environ dix litres d'eau par litre de lait transformé. (D. Hardy)

Moins consommer dans la fromagerie

Pour une fromagerie type de 15 m2, la consommation électrique avoisine les 130 kilowattheures (kWh) par an et par mètre carré pour le chauffage auxquels s'ajoute 0,26 kWh par an et par litre de lait transformé pour les appareillages électriques. La consommation des chambres froides, séchoirs et hâloirs n'a pas été mesurée dans cette étude.
Pour faire baisser la facture d'électricité, il suffit de petits aménagements ou changements de pratique. Par exemple, à la conception du bâtiment, rajouter 5 cm d'épaisseur de polystyrène au béton du sol réduit la consommation d'énergie de 35 % environ.
Un fromager qui utilise sa machine à laver les faisselles quatre fois dans la matinée consomme 2,4 kWh par jour en l'éteignant ensuite, alors qu'en la laissant allumée 24 heures sur 24 pour maintenir l'eau de lavage à 70 °C, il dépense 4 kWh par jour. De la même façon, un refroidisseur à bidon fonctionnant six heures par jour grâce à un programmateur consomme 45 % d'électricité de moins que celui qui reste branché en permanence, pour un résultat identique.

Pour les séchoirs, qui doivent à la fois chauffer et refroidir, l'installation d'un récupérateur à chaleur sur le groupe froid permet une baisse de la consommation pour un coût modéré. Enfin, il faut penser à aérer les salles où sont situés les tanks à lait et refroidisseurs à bidon lors de leur mise en marche. A l'opposé, il ne faut pas hésiter à sur-isoler les chauffe-eau placés en zones non chauffées. En attendant d'aller plus loin en s'équipant de chauffe-eau solaires ou de fromageries bioclimatiques.

Source Réussir Pâtre Décembre 2009

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