Pays-Bas : Vers un assouplissement des mesures de lutte contre la fièvre Q

Damien Hardy

Après avoir abattu 45 000 chèvres gestantes, la Hollande devrait de nouveau rendre possible la mise à la reproduction des caprins vaccinés.

Les autorités sanitaires hollandaises devraient proposer à partir du 1er juin un assouplissement des mesures prises pour lutter contre la fièvre Q. A cette date, il n'y aura normalement plus de mises bas du fait de l'interdiction de la mise à la reproduction depuis la mi-décembre. La plupart des 45 000 chèvres gestantes issues de 86 élevages identifiés comme infectés sur la foi de tests positifs sur les laits de tank auront été abattues. Au 1er juin également, tous les petits ruminants doivent obligatoirement avoir été vaccinés.

Déclaration obligatoire des avortements

La mise à la reproduction devrait donc être de nouveau autorisée tout en maintenant des mesures fortes de surveillance et de précaution. Ainsi, la déclaration des avortements resterait obligatoire. En revanche, la périodicité des analyses de laits de tank deviendrait bimensuelle (au lieu de tous les 15 jours actuellement) avec la possibilité d'obtenir un statut « non infecté » en cas de résultats négatifs pendant un an (incluant une période de mise bas).
Aucun agrandissement de troupeau ou nouvelle installation ne devrait être autorisé. Les élevages infectés ne pourront pas recevoir de public et ne pourront pas déplacer leurs animaux (sauf à des fins de réformes). Les mesures de gestion des fumiers devraient être poursuivies : pas de sorti avant 30 jours et bâchage lors du stockage d'une durée de 90 à 150 jours. Les élevages recevant du public devront mettre les animaux en quarantaine pendant les mises bas.

Densité d'élevage

L'épidémie hollandaise, débutée en 2007, a touché plus de 3000 personnes et occasionné le décès d'une dizaine d'entre elles parmi les plus affaiblies. La relative adéquation entre la localisation des foyers humains et celle des élevages caprins, la succession chronologique des cas caprins et humains ainsi que la similitude génétique entre certaines souches isolées chez les animaux et chez l'homme ont désigné l'élevage de petits ruminants laitiers comme principal responsable de la zoonose.
Dans ce pays où le nombre de chèvre a quadruplé en 15 ans pour atteindre jusqu'à 350 000 individus, les exploitations caprines, de grande taille, voisinent souvent avec les habitations.

Inquiétude française

Les scientifiques du centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies, ceux de l'autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ainsi que l'agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) doivent prochainement rendre des avis sur les risques liés à la fièvre Q, les différentes options de lutte et le risque de contamination humaine par le lait.
En France, la filière caprine s'inquiète des éventuelles conséquences négatives pour l'image du produit et craint une obligation de pasteurisation du lait comme c'est actuellement le cas en Belgique. Pourtant, les scientifiques s'accordent pour dire que le seul risque de contamination prouvé passe par la voie aérienne et non par le lait.
En attendant, les éleveurs français peuvent limiter la propagation de la maladie en suivant un plan de maîtrise global associant des mesures médicales (vaccination) et des mesures sanitaires (1). La vaccination de chevrettes saines peut notamment être préconisée lors de constitution de cheptel ou d'agrandissement de troupeau.

(1) Un protocole a été élaboré sous l'égide de l'Acersa (Association pour la certification de la santé animale).

Source Réussir La Chèvre Mai / Juin 2010

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