Pharmacie vétérinaire : Des laboratoires de plus en plus concentrés

Damien Hardy

Les laboratoires fusionnent depuis ces vingt dernières années, au point que 60 % des ventes françaises sont réalisées par trois laboratoires.

Comme pour les médicaments humains, la recherche et le développement de nouveaux médicaments vétérinaires demande généralement de huit à dix ans. Depuis le screening des molécules actives jusqu'au dossier d'enregistrement et d'évaluations scientifiques, de longues, coûteuses et hasardeuses années de recherches et de tests pharmacologiques, galéniques (forme du médicament) et cliniques sont nécessaires. Le développement de nouvelles spécialités requiert ainsi des laboratoires bien équipés et une bonne solidité financière. Pour faire face à ces besoins et contrer l'essor des génériques, les laboratoires de santé animale, qui interviennent à l'échelle mondiale, se sont regroupés au fil des ans pour concentrer leurs moyens de recherche et renforcer leur gamme de produits.

Intervet s'est doté d'un centre logistique qui traite 550 produits différents et plus de 15 000 commandes par an. (DR) (DR)

Intervet s'est doté d'un centre logistique qui traite 550 produits différents et plus de 15 000 commandes par an. (DR) (DR)

Pfizer, Mérial et Intervet

A tel point que les trois leaders (Pfizer, Mérial et Intervet Schering-Plough) représentent la moitié du marché mondial et plus de 60 % des ventes françaises. Cette concentration devrait se poursuivre d'ici la fin de l'année avec le rachat du laboratoire Fort-Dodge, numéro cinq mondial, par le numéro un, Pfizer. La dernière fusion de taille concernait le rachat du laboratoire Intervet par Schering-Plough en mars 2007. La nouvelle entité qui en est issue garde le nom d'Intervet et se place désormais à la deuxième place du marché français de santé animale derrière le laboratoire Mérial. Avec 60 % de son activité pour les ruminants, Intervet garde la première place dans ce segment en France. Avec cette fusion, Intervet renforce sa gamme des produits d'induction et de synchronisation des chaleurs (hormones et éponges) et sa gamme de produit de maîtrise de parasitisme. Pour la France, ce nouveau géant de la pharmacie animale devrait garder son siège social à Beaucouzé à côté d'Angers où il a construit un site logistique de 6000 m2 pour traiter ces 200 millions d'euros de commandes annuelles.

Les espèces mineures moins oubliées par la législation

L'espèce caprine est l'un des parents pauvres de la recherche pharmaceutique privée. Heureusement, depuis plusieurs années, aux États-Unis comme en Europe, les législations tendent à se simplifier pour les espèces et les maladies mineures dites « Mums - minor use, minor species ». Il est, en effet, difficile de concilier des exigences réglementaires d'homologations lourdes et coûteuses avec des marchés de petites tailles. Ces dispositions « Mums » gagneraient encore à être allégées pour inciter les laboratoires de pharmacie vétérinaire à rendre leurs médicaments utilisables par plus d'espèces (dont les caprins) et en dehors de la cascade de décisions qui engage le vétérinaire.

Source Réussir La Chèvre Mai-Juin 2009

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