Prix du lait : Les demandes de hausses peu satisfaites

Damien Hardy

Les éleveurs de chèvres qui attendaient des hausses significatives du prix du lait restent sur leur faim. Pourtant, la revalorisation reste nécessaire pour assurer la survie des éleveurs les plus fragiles.

Embrayant la demande de hausse de la Fnec, les éleveurs de Poitou-Charente ont
revendiqué une nouvelle hausse de 50 €/1 000 litres sur le second semestre 2008. « Avec
un coût alimentaire qui pèse pour 40 % des charges de l'atelier caprin, les éleveurs de
chèvres sont fortement touchés par la hausse du prix des matières premières. La
revalorisation du prix du lait, qui se resserre pour l'année 2008 autour de 70 €/1000 litres
dans les différentes entreprises, ne suffit pas à compenser l'augmentation des charges »
décrit Joël Tireau, éleveur et rapporteur de la famille production du Brilac, le bureau régional
interprofessionnel du lait de chèvre de Poitou-Charente.
Pour les producteurs caprins de Poitou-Charente et Pays-de-la-Loire, « la revalorisation de
50 € est nécessaire pour ne pas mettre à l'écart toute une frange d'éleveurs en système
alimentaire sec, plus sensible à l'augmentation du coût des concentrés et déshydratés ».
Ces producteurs rappellent aussi que les exploitations qui ont une trésorerie tendue
peuvent difficilement mettre en place les moyens nécessaires pour produire davantage. Un
message à destination des laiteries qui souhaitent relancer la production de lait de chèvre
dans le cadre du « Plan de pérennisation ».




Les industriels ne semblent pas pouvoir répondre à la demande de hausse de prix du lait des éleveurs. La filière a pourtant un vrai besoin de lait de chèvre. (D. Hardy)

Les industriels ne semblent pas pouvoir répondre à la demande de hausse de prix du lait des éleveurs. La filière a pourtant un vrai besoin de lait de chèvre. (D. Hardy)

Le prix du lait ne suit pas celui de la bûchette

Autres arguments pour payer le lait plus cher, les éleveurs ont observé une augmentation
du prix de vente aux consommateurs de la bûchette de 14 % en moyenne entre janvier
2007 et 2008. « Soit une revalorisation potentielle du prix du lait de 120 €/1000 litres »
calcule Joël Tireau. On est loin des 70 euros accordés depuis janvier par le Glac ou des 30
et 35 € venant compléter aux troisième et dernier trimestres les 60 euros versés par
Lactalis.
Si les industriels laitiers comprennent les arguments des éleveurs, ils semblent, pour
l'instant, bien incapable de répondre à une telle demande. « Il faut déjà que l'on digère la
dernière augmentation de 70 euros » assure Jean-Claude Sarrazin en charge de
l'approvisionnement en lait du Glac. « Et il faut pour cela faire accepter les hausses de tarif
à la grande distribution » explique le représentant de la coopérative.



Opération délicate en ce moment avec la nouvelle loi de modernisation de l'économie et le
pouvoir d'achat surveillé de près. Le contexte baissier du prix du lait de vache, privé
d'accord interprofessionnel, ne joue pas non plus en faveur d'une augmentation du prix du
lait de chèvre. Le conflit qui a opposé le groupe Entremont et ses producteurs cet été
témoigne des nouvelles difficultés qui attendent les éleveurs dans les prochaines
négociations. Pourtant, « nous avons un vrai besoin de lait de chèvre » explique Luc
Morelon de Lactalis en appelant à des installations d'élevage de grande taille et un sursaut
rapide de la filière.
En attendant, les éleveurs serrent les dents en attendant que les efforts du plan de
pérennisation portent leurs fruits.


Source Réussir La Chèvre Septembre-Octobre 2008

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