Programme national : La génomique, moyen de lutte contre la tremblante classique

Laurence Geffroy

L'utilisation des outils de la génomique en ovin a commencé avec la sélection d'un gène de la résistance à la tremblante classique. Un programme qui s'est achevé en 2009.

Après huit années d'actions sur le terrain, le programme national d'amélioration génétique pour la résistance à la tremblante classique financé par le ministère de l'Agriculture et l'Union européenne (16,5 millions d'euros) s'est achevé en 2009. En 2008, 93 % des béliers en races ovines allaitantes et 95 % des doses d'insémination artificielle en races laitières sont ARR/ARR (allèle de résistance) et l'allèle d'hypersensibilité VRQ du gène PrP a disparu de la voie mâle.
Avec le recul, on constate de plus que le programme n'a pas eu d'impact majeur sur le progrès génétique, contrairement aux idées reçues et aux craintes du départ. Les sélectionneurs ont ainsi réussi dans leur mission de diffusion d'un gène de la résistance à grande échelle dans les élevages français. Quelques zones à risque persistent néanmoins en Bretagne, en Normandie, dans le Lot et dans les Pyrénées-Atlantiques.
La race Lacaune a été la première à bénéficier de cet outil de génomique dès 1995. Les génotypages ont d'abord été réalisés sur la voie mâle, chez les reproducteurs appartenant aux schémas de sélection, puis sur les animaux de renouvellement. Au total, 670 000 génotypages ont été effectués depuis 2002 sur l'ensemble des races, dont les races à petits effectifs.

Le Berrichon du Cher présentait au départ une structure génotypique plus résistante que d'autres. (DR)

Le Berrichon du Cher présentait au départ une structure génotypique plus résistante que d'autres. (DR)

Méthode de prédiction

Un programme de prédiction des génotypes des agneaux a été développé à partir de 2004, afin de réduire les coûts. Il permet d'obtenir une information précoce sur le génotype de l'animal et optimiser le choix des animaux à génotyper. Il consiste à déduire l'allèle transmis par le père et par la mère, ce qui coûte moins cher qu'un génotypage.
Une étude sur l'utilisation des deux techniques sur les mêmes animaux a prouvé que ces prédictions sont fiables car seulement 0,6 % des animaux ont présenté une incompatibilité, soit un très faible taux d'erreur. Cette technique va être optimisée au cours des prochaines années. Mieux connaître les génotypes était l'objectif premier du programme, mais il a aussi permis de prouver que l'on peut diffuser un gène à l'échelle nationale grâce à une gestion novatrice qui pourra être reproduite pour d'autres gènes d'intérêt.

Source Réussir Pâtre Février 2010

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