Quel avenir pour les petits abattoirs ?

Laurence Geffroy - Réussir Pâtre Avril 2012

Quel avenir pour les petits abattoirs ?

Les exigences européennes en matière sanitaire se sont endurcies pour les abattoirs en 2010. Beaucoup de petites structures sont menacées et un travail de restructuration a été entamé. D’après une enquête menée en 2011 par 36 chambres départementales et sept chambres régionales d’agriculture, « l’activité d’abattage a toujours été un maillon peu rentable en lui-même dans les filières animales. Cela est d’autant plus vrai pour les petits abattoirs municipaux qui sont souvent considérés par les utilisateurs comme des outils de service public (multiespèce, accessibles à tous, à faible coût…) et non comme des structures pouvant dégager des bénéfices. »

Maintenir l’outil grâce à une meilleure gestion

Les municipalités ne peuvent plus combler les déficits financiers. Mais l’enquête a aussi permis de découvrir les initiatives réussies de maintien de l’outil localement grâce à une meilleure gestion. « Un abattoir peut difficilement continuer à exister sans une ferme intention d’aménagement et de développement d’un territoire. La rentabilité économique, le partenariat avec différents acteurs, l’organisation des utilisateurs sont des facteurs de succès », relate l’étude. Le développement d’activités connexes autour de l’abattage, telles que la découpe, la mise sous vide ou encore le transport des animaux, sont des moyens qui permettent de créer de la valeur ajoutée, tout en pérennisant des filières courtes.
Pour pallier l’absence d’abattoir, l’Autriche et les Pays-Bas utilisent des abattoirs mobiles. Le niveau d’exigence sanitaire requis par la réglementation européenne est le même que pour les structures fixes. En France, ce type de structure n’existe pas, hormis temporairement, pour la fête de l’Aïd. « Le ministère de l’Agriculture semble aujourd’hui peu enclin à développer ce type d’abattoir », note l’auteur de l’étude. Autre exemple : en Allemagne, il est possible d’abattre des animaux de boucherie dans de très petits abattoirs, permettant ainsi de réaliser des volumes très faibles dans des zones reculées.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires