Race du Grand-Ouest : Le Landes de Bretagne : rustique et bien valorisé

Louis Reveleau, chargé de mission auprès du Crapal

Cette race ancienne coûte peu pour se nourrir et s'adapte fort bien en zones difficiles. Ses particularités permettent de valoriser une carcasse au meilleur prix.

Origine de la race

Ce mouton breton est signalé dans les ouvrages de zootechnie des siècles passés comme
: « petit à tête fine avec ou sans cornes… à laine grossière sur le garrot et les cuisses » ;
les tailles signalées sont de 0,40 m à 0,50 m au garrot, les couleurs sont blanches, noires
ou grises. Les auteurs le définissent toujours comme de piètre qualité.
En 1985 subsistaient moins de 100 têtes chez trois particuliers en Brière (B. Denis 1992).
En 1994, puis en 1999, des mesures corporelles et des pesées ont été effectuées. Un
descriptif sommaire permet alors de caractériser cette population au niveau de sa
morphologie, mais sans vouloir établir un standard.
• Descriptif :
De petit format : 50 à 60 cm au garrot pour un poids compris entre 40 et 50 kg pour les
brebis.
Les animaux sont en majorité blancs, le reste étant noirs (pie éliminés) ; la toison est semi-
ouverte
Les extrémités sont le plus souvent légèrement à moyennement tachées, mais il existe des
animaux à poil blanc lustré et d'autres fortement tachés de roux foncé. Les béliers sont
parfois cornus.








Bruyère et genêts, ces milieux s'ouvrent et s'entretiennent avec le Landes de Bretagne. (Crapal)

Bruyère et genêts, ces milieux s'ouvrent et s'entretiennent avec le Landes de Bretagne. (Crapal)

Des créneaux pour relancer la race

Un principe de base lié au maintien de la variabilité génétique a d'abord été respecté : utiliser
un grand nombre de mâles pour la reproduction.
Considérés comme l'archétype des ovins du Grand Ouest, ces animaux ayant une forte
identité bretonne, les sites à grandes contraintes de la région furent rapidement des terrains
de prédilection. Sa rusticité était la qualité essentielle recherchée pour entretenir, voire
maintenir des paysages ouverts.
Presque simultanément s'est posé le problème de la valorisation des produits, la viande
essentiellement. Le travail de terrain à l'initiative du Crapal, a été la seule manière de trouver
de nouveaux éleveurs à la recherche de « niches » et d'identité, puis de les relier entre eux.
Quelques initiatives individuelles, puis des exploitations agricoles s'en sont saisies : on
assiste alors à une très rapide évolution des formats avec actuellement des hauteurs au
garrot jusqu'à 65-70 cm et des poids de 60-65 kg. Ce fait met en évidence une grande
plasticité de ces populations dites « rustiques ». Toutes les performances zootechniques
s'améliorent, y compris la prolificité qui évolue de 1 à 1,5.







(Crapal)

(Crapal)

 

La valorisation se fait en direct, souvent en agrobiologie, avec un produit typé : race tardive
à viande très rouge, carcasses de 15 à 20 kg à 6-8 mois. Le Landes de Bretagne est
apprécié pour sa différence et sa saisonnalité.
Est-il nécessaire de préciser que tous les travaux menés sur les qualités de la viande ont
toujours démontré qu'il n'existe aucun rapport entre la conformation et les qualités
organoleptiques de celle-ci ? De même, aucune corrélation n'a été démontrée entre la
couleur rouge du muscle et le goût désagréable de « mouton ». Le procès envers les races
locales, qui a souvent conduit aux croisements, donc à leur réduction d'effectifs, est un
mauvais procès.






Un bon suivi alimentaire améliore ses performances et sa conformation. (Crapal)

Un bon suivi alimentaire améliore ses performances et sa conformation. (Crapal)

 

Une évolution régulière des effectifs depuis plusieurs années

L'évolution des effectifs est régulière depuis plusieurs années, avec une augmentation
autant en nombre d'éleveurs particuliers que d'animaux chez les professionnels et
collectivités. Les élevages particuliers amateurs représentent 75 % des élevages pour 44
% des femelles en 2007.
La diversité génétique ayant été recréée sur des milieux divers, plusieurs phénotypes et
formats existent aujourd'hui sur le terrain :
- un type plutôt archaïque de format petit à moyen sur les zones difficiles déjà décrites,
- des formats plus développés en fonction des conditions de milieu et chez des éleveurs où
l'atelier de production ovine représente un chiffre d'affaires notable dans l'exploitation.





Taille des élevages en nombre de femelles par site

Taille des élevages en nombre de femelles par site

 

En savoir plus

• Association « Moutons des pays de Bretagne - « deñved ar vro » Kerialan - 22540
Pédernec
Tél. 02 96 45 29 56
Cette association, qui a pour but la sauvegarde et la valorisation des races bretonnes
Landes de Bretagne et Belle-Île, souhaite également promouvoir la localisation de
l'économie au travers de filières courtes et de la vente directe.

• Conservatoire des races animales en Pays de la Loire (Crapal) - secrétariat Toulan -
44630 Plessé
Tél./fax : 02 40 79 94 34
Mail : fresneau.crapal@free.fr
Le Crapal est une association loi 1901 créée en 1998 dont le but est de fédérer les actions
de conservation autour des races et populations à faibles effectifs présentes dans les Pays
de la Loire. Son président est le Pr Bernard Denis, également président de la Société
d'ethnozootechnie.




Une carcasse qui peut être de bonne conformation avec une qualité de viande appréciée. (P. André)

Une carcasse qui peut être de bonne conformation avec une qualité de viande appréciée. (P. André)

 

 

Source Réussir Pâtre Mai 2008

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