Reconquête ovine : La technique doit revenir au coeur des élevages

Laurence Geffroy

Un projet pour une meilleure diffusion des connaissances techniques dans les élevages, adopté par le comité de filière ovin, voit le jour en 2009.

La diffusion des résultats de la recherche et du développement en production ovine auprès des éleveurs gagnerait à être améliorée. « Une fois remise sur les rails au niveau économique, la profession doit pouvoir offrir des évolutions aux jeunes qui souhaitent s'installer » estime Serge Préveraud, président de la Fédération nationale ovine (FNO). « On ne peut pas vivre que des aides, la transmission du savoir et une bonne utilisation de la recherche sont indispensables. » A cet effet, un projet adopté par le comité de filière ovin et financé sur des fonds Casdar (300 000 euros pour trois ans), intitulé « reconquête ovine » et piloté par la FNO, a été lancé officiellement fin 2008 en collaboration avec les lycées agricoles, l'Institut de l'élevage, l'Inra, le CNBL, Coop de France et Apca.

Les outils de recherche existent déjà, il faut maintenant les utiliser à bon escient. (L. Geoffroy)

Les outils de recherche existent déjà, il faut maintenant les utiliser à bon escient. (L. Geoffroy)

Cibler les jeunes et les éleveurs

Première cible : les jeunes. Pour relancer la formation ovine, il faut d'abord convaincre les professeurs des lycées agricoles. L'interprofession a lancé dans ce but les « Ovinpiades » qui ont permis de faire entrer l'ovin de manière ludique dans les lycées. Il faut maintenant entretenir ces bonnes relations. Deuxième cible, les éleveurs. La reconquête technique, cela concerne la formation initiale mais aussi la formation continue. « Dans une société en mouvement, et dans une situation de crise économique, le devoir de formation est essentiel » rappelle Serge Préveraud. Dans le projet, trois éléments essentiels se dégagent : l'aspect sanitaire, l'alimentation et la génétique. « C'est comme dans une recette de gâteau, si l'éleveur a tous les ingrédients, il n'y a pas de raison que le produit fini ne soit pas bon » affirme Serge Préveraud, qui élève 800 brebis dans la Vienne.

« Le nombre de techniciens ovins doit augmenter en France et leur place est dans les fermes » demande Frédéric Noizet, responsable professionnel du projet pour la FNO. « Il faut apporter des réponses aux problèmes techniques que les éleveurs se posent. » Le projet doit doter les techniciens d'outils de conseil adaptés aux enjeux actuels de l'élevage ovin. Par exemple, améliorer les conditions de travail pour une meilleure qualité de vie, l'un des souhaits de nombreux éleveurs. Les responsables de la FNO reconnaissent que c'est un programme très ambitieux. « On a déjà les outils de recherche, il faut maintenant bien les utiliser ». L'ovin est l'une des dernières productions à se moderniser, or « la productivité reste un élément essentiel » rappelle Serge Préveraud.

Source Réussir Pâtre Février 2009

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