Rhône-Alpes : Des hommes, des chèvres et du relief

Un dossier de Damien Hardy d'après Gérard Barbin

Avec 1400 éleveurs de chèvres, Rhône-Alpes est la première région en nombre d'exploitations et la deuxième pour le nombre de chèvres. Avec de nombreux fermiers, trois AOC, une dynamique d'installation et des appuis techniques, la région invitée d'honneur de Capr'inov a des atouts à faire valoir.

La région Rhône-Alpes est riche d'une forte densité d'élevages caprin. C'est dans cette région que l'on trouve le plus d'éleveurs : 1400, répartis sur tout le territoire. Environ 400 éleveurs laitiers livrent en moyenne 80 000 litres de lait aux entreprises de la région ou d'au-delà. On retrouve les livreurs principalement en Ardèche et dans la Drôme puis dans la Loire et le Rhône. Dans la Drôme, environ un éleveur sur dix sort ses animaux au pâturage. Les autres restent en chèvrerie et reçoivent du foin et parfois de l'ensilage ou de l'enrubanné. En Ardèche par contre, les troupeaux sont de plus petites tailles (la moitié des livreurs ont moins de 100 chèvres) et sortent plus facilement au pâturage.
Bien répartis sur tout le territoire rhônalpin, environ un millier de fromagers fermiers élèvent un peu plus de 60 chèvres en moyenne. Mais là encore les situations diffèrent selon les zones. En Savoie et Haute-Savoie, le troupeau moyen tourne autour de 70 chèvres avec une alimentation à base de pâturage et de foin.

Beaucoup d'associations avec des vaches laitières

Certains éleveurs profitent des alpages d'été pour y conduire leurs animaux. Mais les caprins sont rarement prioritaires face aux bovins pour l'accès au pâturage de bonne qualité ou de proximité. Ce qui oblige les éleveurs à acheter du foin à l'extérieur comme 70 % des éleveurs haut-savoyards. L'achat de fourrage permet ainsi de répondre aux contraintes d'un parcellaire souvent morcelé, de terrains difficilement mécanisables et d'une faible disponibilité des fromagers fermiers.
Dans la zone Ain-Isère-Loire-Rhône, les fromagers fermiers sont plus diversifiés qu'ailleurs et on y trouve beaucoup d'associations avec des vaches laitières. Le système herbager domine avec l'utilisation de pâturage et de foin. Le zéro pâturage, avec affouragement en vert, serait pratiqué par 15 à 20 % des exploitations de cette zone, le choix étant lié à la configuration du foncier de l'exploitation.
Dans la Drôme, le nombre des producteurs fermiers est resté stable au cours des dix dernières années. Situés surtout en zone de montagne ou de piémont, les exploitations fermières utiliseraient le pâturage, herbager (30 %) ou pastoral (30 %), pour alimenter leur troupeau. 40 % des exploitations seraient en zéro pâturage. Mais en raison de conditions climatiques séchantes, les systèmes sont peu autonomes sur le plan fourrager.

Développement d'activités annexes

En Ardèche, le nombre de producteurs fermiers baisse régulièrement. Souvent installés sur des petites structures, les éleveurs ardéchois développent souvent des activités annexes selon les ressources locales. Mais au risque parfois d'être débordés, surtout chez les nouveaux installés. Pour la majorité des exploitations, située en zone de montagne, les terres sont morcelées, difficilement mécanisables, avec des sols peu profonds. Le système pâturage-foin est quasi général, avec seulement 10 % sans pâturage. Mais les pâtures, prairies naturelles, landes et sous-bois sont souvent peu productives et peu de producteurs sont autonomes en fourrages.

La première région bio de France est aussi la première région caprine bio avec 100 éleveurs de chèvres convertis. (D. Hardy)

La première région bio de France est aussi la première région caprine bio avec 100 éleveurs de chèvres convertis. (D. Hardy)

 

Une filière dynamique en installations

Par contre, même si 70 % des élevages caprins sont situés dans des zones à forts handicaps naturels, le plus souvent en région montagneuse, la filière caprine est constituée d'éleveurs plutôt jeunes. Un atout pour la durabilité de la filière entretenue grâce à une forte dynamique d'installation.
La filière caprine attire les jeunes éleveurs principalement dans la production fermière, malgré les difficultés pour trouver des exploitations à reprendre et le taux important d'échecs dans les cinq premières années. L'attractivité de la filière s'explique notamment grâce à la tradition forte de consommation de fromages de chèvre. Avec ses grandes agglomérations et un tourisme florissant, le marché régional est important et loin d'être saturé. Surtout que la région compte trois AOC qui ont des marges de progrès afin d'être mieux connus. Autre facteur de la dynamique régionale, la région est la première en production de lait et fromages de chèvres en agriculture biologique.
Pour accompagner la filière, la région dispose d'un dispositif d'appui technique dense. Le pôle d'expérimentation et de progrès (Pep) et la station expérimentale du Pradel sont des outils de recherche et développement permettant d'apporter des références régionales.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir La Chèvre novembre-décembre 2010. (R. La Chèvre n°301, p. 22 à 33).

Source Réussir La Chèvre Novembre-Décembre 2010

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