Rhône-Alpes : La zone picodon en débat

Damien Hardy

La redéfinition de la zone d'appellation du picodon préoccupe le syndicat de producteurs qui a déjà perdu nombre de ses adhérents.

Le syndicat du picodon qui réunissait son assemblée générale le 11 février dernier à La Voulte en Ardèche reste confronté à la redéfinition de sa zone d'appellation d'origine. Si les producteurs ont réussi à se mettre d'accord sur un nouveau cahier des charges, la question du zonage reste épineuse. Actuellement, la zone de production couvre l'intégralité des départements de la Drôme et de l'Ardèche ainsi qu'un canton dans le Gard et un dans le Vaucluse. Les experts de l'Inao, jugeant cette zone trop étendue, ont proposé une carte de l'aire d'appellation excluant les zones de plaines et le Nord de la Drôme et de l'Ardèche. Inadmissible pour le syndicat qui rappelle la présence historique de chèvres dans la plaine et les flux de céréales et de fourrages entre la plaine et les collines.

Les procédures d'enregistrement pour la traçabilité ont démobilisé les petits producteurs qui n'ont pas besoin de l'appellation pour vendre. (D. Hardy)

Les procédures d'enregistrement pour la traçabilité ont démobilisé les petits producteurs qui n'ont pas besoin de l'appellation pour vendre. (D. Hardy)

Consultation publique

Malgré les échanges d'argumentaires et des propositions de cartes plus consensuelles, la situation semble bloquée alors qu'une consultation publique sur ce sujet doit avoir lieu avant juillet 2010. Or, si la carte est proposée en l'état, la consultation publique risque d'être houleuse. Les éleveurs écartés de la zone risquent alors de faire connaître leur mécontentement avec l'appui de leurs élus. Une autre option pourrait alors être d'abandonner la réouverture du cahier des charges et de conserver l'actuel qui date de 2000.
Autre sujet de préoccupation pour le petit fromage, le syndicat a connu une désaffection importante passant de plus de 350 producteurs il y a deux ans à 238 aujourd'hui. Les démarches « technocratiques d'enregistrements et de contrôles » peuvent expliquer une part du découragement de certains producteurs. La couteuse collecte de lait à 48 heures dans les zones difficiles de montagnes a pu aussi inciter les laiteries à délaisser l'appellation.

Retour à l'équilibre

Par exemple, la coopérative Valcrest collecte 6,5 millions de litres de lait AOP mais n'en transforme que 2,2 millions. « Nous devons maintenir notre production jusque dans les zones de pentes isolées » exhortait Christian Moyersoen, le président du syndicat, en appelant à « ne pas remplacer les franges de la collecte par de grosses exploitations à proximité des axes routiers ». Fortement déficitaire depuis cinq ans suite à la fin du programme Pida, le syndicat s'est redonné des moyens d'actions en augmentant ses cotisations et en déménageant dans un local moins coûteux.

Source Réussir La Chèvre Mars-Avril 2010

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