Santé animale : Tirer des leçons des crises sanitaires

Damien Hardy

Difficile à prévoir et à anticiper, les crises sanitaires telles que la fièvre catarrhale ovine coûtent cher aux contribuables. Les autorités sanitaires appellent à une plus grande coordination et aux développement d'outils de gestion de crise.

L'assemblée générale du syndicat de l'industrie du médicament vétérinaire (SIMV) invitait
les organisations mondiales, européennes et nationales à tirer des leçons des dernières
crises sanitaires. Pour Jean-Luc Angot, directeur adjoint de l'Organisation mondiale de la
santé animale (OIE), « les voyages, la globalisation du commerce international, la
défaillance des mesures de santé publique, la pauvreté et les inégalités sociales dans le
monde sont des facteurs qui favorisent l'émergence et la diffusion des maladies animales et
des zoonoses ». Défendant une détection précoce des maladies et une bonne coordination
entre les vétérinaires officiels, les vétérinaires privés et les éleveurs, l'OIE préconise la
formation des vétérinaires aux maladies émergentes.
Pour Etienne Bonbon, qui représentait la Direction générale santé et protection des
consommateurs à la Commission européenne, « l'Europe doit chercher à prévenir plutôt
qu'à guérir ». « La fièvre aphteuse a coûté 12 milliards d'euros à l'Union en 2001 et la grippe
aviaire 510 millions d'euros en 2003 » rappelait le fonctionnaire européen. Pour dépenser
plus en temps de paix et dépenser moins en temps de guerre, l'Union Européenne va
soutenir la collaboration entre pays, développer les systèmes d'information sur les maladies
animales et renforcer les banques d'antigènes et de vaccins.



Les autorités sanitaires ont appelé à renforcer la coordination entre états et entre les vétérinaires officiels, les vétérinaires privés, les firmes pharmaceutiques et les éleveurs. (D. Hardy)

Les autorités sanitaires ont appelé à renforcer la coordination entre états et entre les vétérinaires officiels, les vétérinaires privés, les firmes pharmaceutiques et les éleveurs. (D. Hardy)

Un réseau de recherche et une mission des urgences sanitaires

« Mais anticiper n'est pas toujours possible » rétorque Monique Eloit, directrice générale
adjointe de l'alimentation et chef des services vétérinaires français, en rappelant la
méconnaissance de l'ESB avant son apparition. Pour la fièvre catarrhale ovine, la
responsable des services vétérinaires français explique comment une maladie qu'on
attendait venir du Sud a pris ses services au dépourvu en arrivant par le Nord.
A la question « quelles leçons tirer des dernières crises sanitaires », Monique Eloit souligne
la nécessité d'organiser des retours d'expérience de ces crises même si elles ne sont
jamais tout à fait comparables. Il faut pour cela améliorer les outils de communication qui
sont pour l'instant « proche de la préhistoire ». Face à la fièvre catarrhale ovine, la France
s'est servi du réseau français de recherche pour la santé animale pour élaborer un
programme commun de travail. Elle devrait prochainement mettre en place une mission des
urgences sanitaires en charge de la santé animale et de la sécurité sanitaire des aliments,
directement rattachée au directeur général de l'alimentation.


Source Réussir La Chèvre Septembre 2008

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