Secteur ovin : Des pistes pour redresser la situation

Laurence Geffroy

En première partie de la conférence, trois experts ont décrit le contexte actuel de l'élevage
ovin (baisse du cheptel, différentiel de soutien et de revenu entre productions,
consommation en baisse…) et donné quelques pistes pour améliorer la situation. Jean-
Claude Guesdon, responsable du département économie de l'Institut de l'élevage a évoqué
la nouvelle donne internationale, qui conduit à une baisse de la consommation, à une
concentration du cheptel dans des zones herbagères et difficiles et à une désaffectation du
métier : « Les éleveurs ont besoin de prix plus rémunérateurs ».
Denis Lerouge, président de Comaral Marketing, a retracé l'évolution des habitudes
alimentaires. Entre 2003 et 2007, la consommation de viande d'agneau a chuté de 10 %,
contre 7 % pour la viande en général.



Pas assez de produits transformés

Les raisons invoquées sont le prix d'achat et l'attractivité pour les produits transformés et «
prêts à l'emploi ». Or, seulement 3 % de la viande d'agneau est actuellement transformée.
Premier à y remédier, le Royaume-Uni a lancé « quick lamb », morceaux rapides à
préparer, rejoint en 2008 par la France et l'Irlande avec l'« agneau presto », qui a été
inauguré au salon de l'agriculture à Paris cette année. Mais ce n'est pas encore suffisant.
Jean-Marie Aurand, directeur général des politiques agricole, agroalimentaire et des
territoires au ministère de l'Agriculture, a reconnu les « très sérieuses difficultés » de la
filière et la « régression de la production en Europe ».


La consommation de viande d'agneau a chuté de 10 %, contre 7 % pour la viande en général, entre 2003 et 2007. (B. Jacobs-Foucher)

La consommation de viande d'agneau a chuté de 10 %, contre 7 % pour la viande en général, entre 2003 et 2007. (B. Jacobs-Foucher)

 

L'idée d'une « task force »

Liam Aylward, député européen irlandais, auteur du dernier rapport parlementaire sur la
situation de l'élevage ovin a confirmé qu'« à moins qu'on n'y mette un terme, le déclin sera
fatal ». Il a lancé l'idée d'une « task force », pour que « des mesures soient prises
indépendamment du pays qui préside l'Europe ». Son rapport, voté à la quasi-unanimité par
le Parlement européen en juin dernier, suggère aussi de réviser à la baisse les contingents
d'importations de viande ovine, afin de lutter contre une concurrence déloyale, d'augmenter
les budgets de promotion, de développer la recherche et le développement, de mieux
valoriser les coproduits (laine, cuir…) ou encore de rendre volontaire l'identification
électronique des animaux.
Ces interventions ont été suivies par le point de vue des professionnels, Emmanuel Coste,
président de la section ovine d'Interbev et Serge Préveraud, président de la FNO, qui se
sont exprimés au nom des producteurs ovins français et européens, rappelant la nécessité
de revaloriser le soutien à la production. La demande a été faite de créer un observatoire
économique européen des marges pratiquées à tous les niveaux de la filière.

Source Réussir Pâtre Octobre 2008

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