Station Inra de la Fage : Recherches sur le comportement en milieu difficile

Bernard Griffoul

Depuis une dizaine d'années, les expérimentations conduites à la station Inra de la Fage (1) sur le cheptel ovin viande, de race Romane, sont axées sur la recherche des caractères d'adaptation à une conduite pastorale en milieu sec.

Néanmoins, explique Dominique François, chercheur à la Saga (Station d'amélioration génétique des animaux), les résultats devraient pouvoir être généralisés à « tous les milieux difficiles ». Les caractères de comportement des animaux sont analysés sous trois facettes : maternel (capacité des brebis à s'occuper de leurs agneaux), social (attirance pour les autres animaux) et réactivité à l'homme (propension à la fuite). Les tests sont conduits en cages d'isolement par des spécialistes du comportement animal. L'idée est « de déterminer la part d'héritabilité du caractère étudié et sa part de liaison avec les autres caractères sélectionnés ». Un travail de sélection classique mais extrêmement lourd qui nécessite de procréer et tester le comportement de 30 à 50 descendants par bélier. Dominique François fonde beaucoup d'espoir sur les outils de la génomique pour « s'affranchir de ces phases de tests et rechercher les gènes qui permettraient de prédire le comportement à partir d'analyses de l'ADN par une simple prise de sang. »

Utilisable en routine

De par ailleurs, des descendances de certains béliers sont testées à la fois à la Fage et à la station de Bourges, en conditions d'élevage plus favorables, afin de vérifier l'influence du milieu sur le comportement. Les premiers résultats montrent qu'elle est faible, ce qui permettrait d'envisager une stratégie de sélection en milieu intensif pour une utilisation en milieu extensif. Des essais sont également en cours dans une autre race avec des tests simplifiés afin de pouvoir proposer à terme un protocole de sélection sur le comportement utilisable en routine. Des recherches sont menées en outre sur le lien entre la toison et la capacité de survie des agneaux autour de la naissance. Il apparaît que les agneaux jarreux ont un taux de survie nettement supérieur aux agneaux laineux. En projet enfin pour les années à venir, un programme de recherche sur la capacité des brebis à mobiliser et reconstituer leurs réserves corporelles, avec toujours le même objectif : comprendre le fonctionnement biologique de ce caractère et étudier son héritabilité. En parallèle de ces recherches sur les animaux, un suivi de l'évolution de la végétation permet d'évaluer l'impact du pâturage sur le milieu. La pression de pâturage, avec des parcs de taille modérée, limite l'invasion par les espèces arbustives.

(1) site rattaché à la Station d'amélioration génétique des animaux de l'Inra de Toulouse (Saga).

Source Réussir Pâtre Août-Septembre 2010

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