Traitements raisonnés : Des solutions pour lutter contre la coccidiose

Véronique Bargain

Selon Pierre Autef, vétérinaire à Bellac dans la Vienne, l'hygiène et l'apport d'anti-coccidiens permettent de lutter contre les coccidioses.

Les coccidioses sont des affections parasitaires intestinales de l'agneau âgé de trois semaines à trois mois. Elles sont dues à des parasites des cellules de l'intestin grêle et du gros intestin. L'infestation se fait par ingestion de spores ou ookystes à partir d'éléments souillés par des matières fécales : mamelles, toison, litière, eau de boisson, fourrages, granulés… Les sources sont les brebis qui excrètent en continu quelques ookystes, avec un pic à la mise bas, et les agneaux lors de ruptures immunitaires. Les ookystes supportent de basses températures hivernales et peuvent infester les agneaux au printemps suivant. Le cycle se poursuit dans l'intestin grêle puis le gros intestin de l'animal, et se termine par la production d'ookystes qui seront excrétés dans le milieu extérieur. « Un seul élément infestant aboutit à l'excrétion de 30 millions d'ookystes » précise Pierre Autef, vétérinaire à Bellac.
L'expression clinique débute en général après 15 jours de vie et est dominée par une diarrhée noirâtre verdâtre. Le plus souvent, plusieurs animaux sont atteints et présentent une baisse d'appétit, une laine frisotée et sèche, parfois un léger ballonnement. Des complications de mortalité par entérotoxémie peuvent aussi exister. Plus généralement, l'éleveur remarque un défaut d'engraissement du lot et quelques sujets plus maigres.

Pour P. Autef, « le raisonnement concernant les traitements anti-coccidiens doit se faire lot d'agneaux par lot d'agneaux, en gardant à l'esprit les risques parasitaires associés. » (S. Leitenberger)

Pour P. Autef, « le raisonnement concernant les traitements anti-coccidiens doit se faire lot d'agneaux par lot d'agneaux, en gardant à l'esprit les risques parasitaires associés. » (S. Leitenberger)

Raisonner au cas par cas

« La prévention repose d'abord sur l'hygiène » assure Pierre Autef. Il faut s'assurer de la sécheresse des litières et supprimer les zones humides. Autre mesure possible : un nettoyage haute pression des locaux après curage du fumier et un nettoyage des auges et des râteliers, ces derniers étant déplacés régulièrement. La désinfection avec des dérivés phénolés aurait par contre peu d'effet. La prise du colostrum et une bonne alimentation des mères en gestation, favorisant la lactation, sont également essentielles. « On évitera aussi le mélange d'agneaux d'âges différents, les uns excréteurs et les autres sensibles » ajoute le vétérinaire. L'apport d'anti-coccidiens aux agneaux est une autre solution.
Les sulfamides, qui agissent à partir d'un certain stade, permettent une mise en place de l'immunité et agissent aussi sur des pathogènes surinfectants. Leur administration se fait par voie orale pendant 3 à 5 jours en curatif, jusqu'à 15 jours en préventif. Le décoquinate agit dès le début de l'infestation et ne permet pas à l'immunité de se mettre en place. Il s'administre par voie orale pendant 4 semaines. Enfin le toltrazuril, qui s'administre par voie orale en une fois, est actif sur tous les stades intracellulaires du parasite. Il a de plus une rémanence d'un mois et permet l'installation de l'immunité grâce à la persistances de débris parasitaires.

Le principe est de traiter tous les animaux d'un même lot, pas trop tard à cause des dégâts dans l'intestin et d'éventuelles surinfections, mais pas trop tôt pour permettre la mise en place de l'immunité et parce que le colostrum est protecteur. « L'idéal serait d'intervenir assez tôt avec du toltrazuril, qui ménage l'installation de l'immunité et dont la rémanence permet de limiter la pression ookystale au fil des semaines d'agnelage » estime Pierre Autef.

Source Réussir Pâtre Juin-Juillet 2009

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