Un nouvel épisode de FCO se propage en Corse

Bernard Griffoul - Réussir Pâtre Novembre 2013

Brebis corses au pâturage. La profession agricole de l'île réclame un véritable « plan de restructuration du potentiel productif ». D. Hardy / archives

Le sérotype 1 de la FCO est arrivé par surprise sur l’île, faute d’anticipation des autorités sanitaires. Une campagne de vaccination gratuite a été lancée.

La Corse est en train de vivre un nouvel épisode de fièvre catarrhale ovine (FCO) de sérotype 1 qui affecte profondément la filière laitière. Débarquée de Sardaigne, la maladie s’est propagée de manière fulgurante au cours du mois de septembre du sud au nord de l’île, particulièrement dans la plaine orientale. Début octobre, 81 cheptels étaient touchés et 20 autres étaient suspectés.

Sauver la prochaine campagne de reproduction

Cette violence de l’épizootie a suscité la colère chez les éleveurs car elle aurait sans doute pu être prévenue. Contrairement à ce que l’État français a affirmé au départ, la Sardaigne avait bien informé, dès avril dernier, les autorités européennes de sa situation sanitaire eu égard à la FCO. Les autorités françaises reconnaissent désormais que des dysfonctionnements dans leurs services n’ont pas permis de mettre en place les mesures de surveillance et de prophylaxie qui s’imposaient vu la situation dans l’île voisine.
Il semble désormais que les pouvoirs publics aient pris la mesure du problème. Une campagne de vaccination obligatoire, pour toutes les espèces sensibles, et entièrement financée par l’État a été lancée fin septembre. Elle se déroulera sur six mois afin de permettre aux éleveurs d’intervenir sur leur cheptel au moment le plus opportun. Vingt mille doses ont été distribuées pour commencer et 100 000 vaccins supplémentaires étaient attendus dès le 11 octobre. Il s’agit désormais de sauver la prochaine campagne de reproduction.
Pour la campagne en cours, les pertes seront importantes. La mortalité est moins forte qu’avec d’autres sérotypes, de 5 à 10 % d’après les premières observations. Mais, la morbidité (animaux malades, avortements) est très élevée et très variable d’un cheptel à l’autre : de 20 à 70 % des brebis sont affectées.
L’État s’est également engagé à financer un plan d’indemnisation des pertes économiques. Des discussions ont eu lieu 11 octobre avec le ministre de l’Agriculture pour en déterminer les modalités. La profession agricole de Corse réclame un véritable « plan de restructuration du potentiel productif ». Elle demande en effet non seulement une aide pour compenser les pertes par mortalité et le coût du renouvellement mais également une aide à la réforme et au renouvellement des brebis malades sous productives. Situation qui serait évaluée deux mois après le début de lactation.

L’État va indemniser les pertes économiques

Alors que les mises bas démarraient, les élevages infectés étaient touchés également par l’interdiction d’exporter leurs agneaux vers la Sardaigne, qui assure 60 à 70 % des débouchés, et ne pouvaient démarrer la traite. Les autorités italiennes avaient pourtant donné leur accord pour une dérogation mais les signatures des documents tardaient. Les expéditions d’animaux vers le continent étaient, quant à elles, complètement bloquées.
La situation en Corse ne remet pas en cause le statut indemne de la France continentale et les autorités sanitaires considèrent que la maladie a peu de risque de franchir la Méditerranée mais la surveillance a été renforcée dans le Sud-Est.

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