Un plan de développement pour la production ovine du Nord-Est

Laurence Geffroy - Réussir Pâtre Août-Septembre

Un plan de développement pour  la production ovine du Nord-Est
Le quart Nord-Est de la France compte 360 000 brebis pour 1600 exploitations. © Action agricole picarde

La coopérative des Bergers du Nord-Est lance une campagne de promotion de la production ovine, afin d’attirer de nouveaux éleveurs.

La place des ovins dans le quart Nord-Est de la France n’est pas neutre, avec 360 000 brebis pour 1 600 exploitations. Même si on observe une baisse régulière des éleveurs, les effectifs sont maintenus grâce à un agrandissement des troupeaux, signe d’une restructuration en cours. « Votre image est porteuse, c’est un point fort à protéger. Il faut rationnaliser, augmenter la productivité du travail, maintenant que votre rémunération est comparable aux autres ateliers. La génétique est un facteur favorable et nécessaire pour accompagner ce plan de développement », a expliqué Philippe Fouilliard, directeur de la chambre d’agriculture de l’Aisne, en juin dernier lors de la journée de lancement de ce plan.
L’organisation collective autour de la production est structurée et performante. La coopérative des Bergers du Nord-Est, qui comprend 350 adhérents actifs répartis sur dix départements, a essaimé sur les régions voisines et continue de progresser. Elle dispose de plus d’un abattoir à Laon qui vient de se moderniser. Quarante deux mille animaux y sont abattus chaque année. Avec des systèmes bergerie qui représentent 56 % des effectifs, et le plein air 36 %, la répartition des carcasses peut se faire de façon régulière pour satisfaire les débouchés.

Anticiper les départs

« Dans la Marne, le Nord-Pas-de-Calais, des éleveurs disparaissent, il faut anticiper la pyramide des âges. On pâtit d’une mauvaise image de la production, non pas vis-à-vis du consommateur car l’agneau est une viande réputée, mais en interne, sur des aspects financiers et une crainte de la contrainte de la main-d’œuvre, or il y a des choses qui s’améliorent aujourd’hui », note Thierry Vroman, directeur de l’organisation de producteurs. « On s’est fixé un objectif de 10 000 brebis supplémentaires, donc 1 000 par département. Cela ne semble pas un objectif surréel mais atteignable. Dans trois ans, si on a réussi, on aura gagné. » Comment procéder ? Avec des créations d’élevage avant tout, mais c’est long, il faut s’y prendre dès aujourd’hui.
Il y a plus rapide, en favorisant l’agrandissement mais pas n’importe comment. « On assiste aujourd’hui au phénomène où certains éleveurs grossissent leur troupes au détriment de petits qui arrêtent. » Pour le président de la coopérative, Jean-François Potel, installé en 1984, « si on ne fait rien, il sera bientôt trop tard. Il ne faut pas avoir peur de grossir les troupes, avec 1 000 brebis texel en Lorraine par exemple. » Le directeur pense qu’il ne faut pas négliger la zone herbagère en encourageant la relance de l’agneau herbe en complément du bovin. « L’an dernier, les éleveurs ont semé des cultures dérobées qui ont donné des résultats satisfaisants. Le système en bergerie intégrale peut aussi intéresser le monde céréalier. » Et de renchérir avec des chiffres. « Si un jeune n’a rien : un hectare correspond à un investissement de 15 000 à 20 000 euros, pour la même somme, c’est 100 brebis à 150 euros. À méditer… »

Portes ouvertes

Les actions, c’est avant tout la communication, donc faire connaître la production. « On a décidé de programmer des portes ouvertes sur chaque département à l’automne 2012, début 2013 et d’informer auprès des lycées agricoles. » Les Bergers du Nord-Est ont déjà imprimé une plaquette d’informations intitulée Produisez de l’agneau. Quant aux aides, Thierry Vroman reconnaît qu’il faut « être prudent car elles ne sont pas éternelles. L’idée est d’accompagner par des paiements différés pour l’achat du cheptel, moyennant un engagement des adhérents. » Frédéric Noizet, président de l’Asori (interprofession du Nord-Est) a rappelé que les Ovinpiades permettent d’intéresser les jeunes à la production, que c’est une première approche, et qu’il faut notamment insister sur le travail pour les attirer, car ce que les jeunes souhaitent aujourd’hui, c’est une qualité de vie. Il a rappelé également l’importance de la génétique, « synonyme de sanitaire, ainsi que l’insémination artificielle pour progresser ».

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