Une enquête du Conseil Agricole Départemental Ovin : Le soutien de l'ensemble de la filière aux éleveurs ovins

Bénédicte Boissier

Une enquête du Conseil Agricole Départemental Ovin : Le soutien de l'ensemble de la filière aux éleveurs ovins

La commission ovine du Conseil Agricole Départemental conduite par la Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme, a fait mener une enquête auprès d'éleveurs ovins pour apprécier leur situation face à la baisse de leurs revenus.

Tirer la sonnette d'alarme

« Tous les professionnels s'accordent à le dire : le revenu des éleveurs ovins connaît de graves difficultés, alors qu'ils sont très bons techniquement. » Jean-Marie Mouchard conseiller ovins à l'Ede du Puy- de- Dôme, souligne que les responsables professionnels d'Auvergne tirent depuis de nombreux mois la
la sonnette d'alarme : attention nous sommes en situation périlleuse.
« Aujourd'hui beaucoup ont un revenu proche de zéro, alors qu'ils ont fait ce qu'il fallait. » Et de citer un exemple : un agriculteur en Earl avec son épouse élève 600 brebis. Il a pris la suite de son père et développé un atelier ovin. Il s'est investi dans la génétique. Il a des charges familiales importantes (études des enfants). « Cet éleveur part actuellement dans le mur. Il est inacceptable que des gens qui travaillent 10 à 12 heures par jour n'obtiennent pas un revenu suffisant, ne puissent assurer le risque financier, ni le renouvellement du matériel et des bâtiments. »

: l'érosion du revenu a débuté avec la sécheresse de 2003

: l'érosion du revenu a débuté avec la sécheresse de 2003

La série noire

L'érosion du revenu a débuté avec la sécheresse de 2003 qui a entraîné l'absence de fourrage et l'augmentation des charges.
L'élevage ovin orienté vers la bergerie et la filière organisée, est très dépendant du coût des céréales. Or ces dernières ont augmenté de 40 % en 2007. « Si on ajoute la mévente des agnelles élevées au concentré, le coût du carburant utilisé pour récolter l'herbe, et en 2008 l'apparition de la fièvre catarrhale… On comprend que la profession demande instamment un complément de soutien. »

Une douzaine d'exploitaions auditées

Une douzaine d'exploitaions auditées

 

Enquête et analyse

Le comité de pilotage du Cad ovins ayant décidé d'engager des actions auprès des éleveurs pour les aider à sortir de l'impasse, il a demandé de procéder à une analyse fine de la situation dans le Puy- de- Dôme.
Une enquête réalisée par les conseillers d'entreprise de la Chambre d'Agriculture a eu lieu en Haute et Basse Combrailles, en Lembron, en Dore-Bois Noirs, et en Forez.
Douze éleveurs ovins ont été audités (la diversité des systèmes ovins et des situations en a conditionné le choix).
L'analyse de ce travail conduit par les responsables administratifs et techniques de la Chambre d'Agriculture, de l'Ede, de CER France Avenir, de Copagno et le réseau d'élevages, ovins aboutira à définir les moyens à mettre en oeuvre à court et moyen terme.

Voir comment adapter la filière au nouveau contexte

Voir comment adapter la filière au nouveau contexte

 

Des pistes intéressantes

On sait déjà qu'il s'agit de revoir les systèmes de production existant : par exemple glisser de la bergerie vers l'utilisation des fourrages produits sur l'exploitation.
« C'est aussi penser que s'installer en élevages ovins c'est avoir 700 à 800 agneaux par travailleur. Nous devons arriver à ce que l'éleveur obtienne 2 agnelages par brebis et par an. Et se poser des questions : faut-il des agnelages d'hiver ? Les petites exploitations ont de bons résultats mais que vont-elles devenir ?
Sur quel levier agir pour se développer et conforter son revenu. (Ce n'est pas forcément plus de foncier ou d'augmenter le troupeau). Pourquoi pas alors du hors-sol ? Comment adapter la filière organisée au nouveau contexte ? »
Il apparaît aujourd'hui ceux qui sortent du revenu font preuve d'un savoir-faire animalier, mais aussi de gestion sur la valorisation de l'herbe. Ils sont pratiquement autonomes à ce niveau.
Les groupes d'experts départementaux vont continuer à explorer ces pistes, assorties d'expérimentations sur le terrain. Ainsi 5 des éleveurs enquêtés sont candidats pour travailler d'un système d'exploitation vers un autre.
« On réunit toutes les compétences pour suivre la volonté des professionnels : définir pour les systèmes mixtes des conduites de troupeaux adaptées à l'organisation du travail, permettant de dégager un revenu ovin suffisant pour en justifier la présence. »

Source Chambre d« Agriculture du Puy-de-Dôme

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