Une quarantaine d’exploitations utilisent le Shropshire en France

Véronique Bargain - Réussir Pâtre Décembre 2012

Une quarantaine d’exploitations  utilisent le Shropshire en France
Les Shropshire sont utilisés dans d’autres pays pour l’entretien des plantations de sapins de Noël comme en Allemagne, en Autriche, en Suisse. DR

Une race robuste et calme, originaire d'Angleterre

Une quarantaine d’exploitations  utilisent le Shropshire en France
© V. Bargain

La race Shropshire provient du croisement par assimilation de la race Southdown avec des races locales. Elle a été exportée dans tous les pays à fort élevage ovin et a notamment été la race la plus importante en termes d’effectifs aux États-Unis de 1880 à 1930. Aujourd’hui, des Shropshire sont encore élevés avec succès en Australie et en Nouvelle-Zélande, dans le cadre de croisements avec des Mérinos. La race, de taille moyenne, a une toison blanche et une tête noire sans cornes. Les béliers pèsent 100 à 125 kg et les brebis 70 à 85 kg. Le corps entier est recouvert d’une laine lourde et dense. Race ovine saisonnée, elle est robuste et calme. Elle combine une croissance rapide avec une excellente conformation et une viande maigre. En général, un tiers des agneaux sont classés U, deux tiers sont classés R. Les béliers sont d’excellents reproducteurs en croisements terminaux.

En savoir plus :

shropshire.fr 
parcdumorvan.org

«En 2004, dans le cadre de l’introduction des sapins de Noël dans le parc du Morvan, nous avons cherché une solution alternative au désherbage pour entretenir les plantations, explique Vincent Houis, animateur de l’association française du sapin de Noël naturel. Comme cela se pratiquait en Allemagne, en Autriche et en Suisse, nous avons testé l’utilisation des Shropshire qui ne mangent pas de résineux et dont la laine serrée et rase ne s’accroche pas aux branches de sapins. »

Nettoyer les vignes après vendange

L’essai ayant été concluant, la technique s’est ensuite peu à peu diffusée chez les producteurs de sapins de Noël, puis chez des arboriculteurs. Aujourd’hui, environ 40 producteurs en France utilisent des Shropshire pour l’entretien de leurs plantations. La technique s’est notamment développée en pomme, en particulier en pomme à cidre, mais aussi en poire, mirabelle, cerise et petits fruits. Le plus gros troupeau, de 250 brebis, est actuellement détenu par un producteur de mirabelles. Un viticulteur d’Alsace en utilise aussi pour nettoyer les vignes après la vendange. En sapin de Noël, l’utilisation des Shropshire, qui avait bien démarré, est par contre en forte régression aujourd’hui. « Le principal problème est la gestion du temps de travail, constate Vincent Houis. Les brebis devant être rentrées à l’automne, cela fait un supplément de travail à une période très chargée pour les producteurs de sapins de Noël. Cela d’autant plus que les plantations sont souvent très morcelées. De plus, les producteurs de sapins sont surtout orientés sur le végétal et ne sont pas des éleveurs. Or le Shropshire nécessite de l’attention. S’il n’a pas assez d’herbe, de pierre à sel ou s’il est malade, il peut en venir à manger du sapin parce qu’il a faim et parce que le sapin contient des oligo-éléments et des substances anti-helminthiques. Les initiatives réussies sont surtout celles où le producteur s’est associé à un éleveur et celles où le producteur valorise l’image de marque des moutons par la vente directe. »

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